Évaluation du risque d’hypoglycémie chez les sujets diabétiques de type 2 et insuffisants rénaux

  • Balkau B & al.
  • Diabetes Metab
  • 6 avr. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Cette étude française met en évidence qu’il existe quelques spécificités de genre dans le choix des traitements du diabète, le contrôle glycémique et les symptômes liés au risque d’hypoglycémie chez les sujets diabétiques de type 2 (DT2) présentant une insuffisance rénale (IR) modérée à sévère. Ainsi, même après ajustement sur le traitement anti-hyperglycémiant, et malgré une répartition hommes-femmes similaire en ce qui concerne les stades d’IR, les femmes diabétiques de type 2 seraient plus souvent traitées par insuline que les hommes, et rapporteraient également plus de symptômes d’hypoglycémie. Et, ces symptômes qui sont certes plus fréquents chez les sujets traités par insuline, n’ont cependant pas été associés directement au déclin de la fonction rénale. Par ailleurs, l’utilisation de la metformine était plus fréquente au stade 3 d’insuffisance rénale, et ce pour les deux sexes. 

Pourquoi est-ce important ?

Le diabète est connu comme étant la cause la plus fréquente d’insuffisance rénale à travers le monde. En France, 42% des individus qui initient un traitement de substitution de la fonction rénale ont un diabète, et 22% une néphropathie diabétique. L’amélioration du diagnostic et de la prise en charge du diabète, ainsi que la prévalence du diabète font que les complications liées au diabète vont s'accroître dans les années à venir, engendrant d’importantes conséquences individuelles, sociétales et économiques. La « Prise de position de la Société Francophone du Diabète » publiée en septembre 2017 préconise une adaptation de l’objectif glycémique en fonction de l’insuffisance rénale. Une autre étude publiée récemment également confirme que la metformine à dose ajustée peut être utilisée en toute sécurité chez les DT2 insuffisants rénaux modérés à sévères (stades 3A et 3B). L’étude présentée ici vient compléter ces données en apportant un regard sur les spécificités de la prise en charge des diabétiques insuffisants rénaux en fonction du genre.

Principaux résultats

Sur les 3.033 patients ayant une insuffisance rénale de stade 3 à 5 inclus dans l’étude française CKD-REIN (Chronic Kidney Disease) mais non en attente de dialyse, 645 hommes et 288 femmes avaient un diabète de type 2 et étaient traités par anti-hyperglycémiants. Les femmes et les hommes avaient le même âge médian et l’IMC était plus élevé chez les femmes de 3,3 kg/m2. Au global, 31% des sujets étaient traités par insuline, 28% par insuline et une autre molécule, et 42% par un traitement non-insulinique. Parmi les sujets diabétiques, 40% des insuffisants rénaux de stade 3 étaient sous metformine et 53% sous insuline et ce, quel que soit le genre. Au stade 4 et 5, 12% des sujets étaient traités par metformine quel que soit le genre, et 59% des hommes et 77% des femmes utilisaient de l’insuline. Les patients avaient un diabète relativement bien contrôlé, avec une HbA1c médiane de 7,1% (54 mmol/mol) pour les hommes et 7,4% (57 mmol/mol) pour les femmes (p=0,0003).

Quarante pourcents des hommes et 59% des femmes ont présenté des symptômes d’hypoglycémie. Ces symptômes étaient mentionnés par 43% des sujets au stade 3A d’IR, 45% au stade 3B, 46% au stade 4 et 46% au stade 5. Les hypoglycémies n’ont pas été associées au débit de filtration glomérulaire, ni à l’albuminurie ou à l’HbA1c en analyses multivariées. En revanche, ces symptômes étaient plus fréquents chez les sujets traités par insuline : 56% des sujets sous insuline ont rapporté ce type de symptômes.

Principales limitations

Certaines informations patients étaient manquantes (type de diabète, traitement, HbA1c, circonstance de survenue des symptômes d’hypoglycémie). Les hypoglycémies étaient autodéclarées sans contrôle des taux de glycémie. Peu de patients au stade 5 ont été inclus.

Financement

Étude financée par des fonds publics et privés.