Évaluation de l’apport des salles de consommation à moindre risque : focus sur la cohorte COSINUS


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.
  • La cohorte COSINUS est construite à partir des files actives fréquentant les salles de consommation à moindre risque (SCMR) de Paris et Strasbourg.
  • L’objectif principal est de comparer le taux de sujets utilisateurs de drogues injectables (UDI) rapportant au moins une injection à risque de contamination VIH ou VHC dans ces structures à celui rapporté par des sujets UDI pris en charge dans un programme de réduction des risques conventionnel (Bordeaux et Marseille).
  • La fin de la collecte des données aura lieu cet été, les premiers résultats sont attendus pour 2020.

 

L’ouverture des salles de consommation à moindre risque (SCMR) en France, abusivement appelées salles de shoot , a été sujette à de nombreuses polémiques en France. In fine , leur ouverture à titre expérimental a été autorisée en 2016 à Paris et Strasbourg pour une durée de six ans, à la condition d’être assortie d’une évaluation scientifique rigoureuse de leur apport. Un protocole a été établi et devrait permettre d’apporter ses conclusions dans les prochains mois. Il vient d’être publié dans le BMJ Open .

La cohorte COSINUS comportera 680 personnes prises en charge dans l’une des deux SCMR ou dans le cadre d’un programme de réduction des risques conventionnel au sein de CAARUD de Marseille ou Bordeaux, les deux autres villes ayant candidaté au lancement de l’expérimentation. Ces personnes suivront une série d’entretiens face-face avec des professionnels formés spécialement à l’inclusion puis à 3, 6 et 12 mois. Outre les données sociodémographiques et cliniques, ils répondront à plusieurs questionnaires concernant notamment leurs addictions (historique, nature, fréquence, pratiques, traitement...), leur recours au dépistage VIH/VHC, leur sexualité, leur satisfaction concernant le programme de réduction des risques, ainsi que leur situation psychiatrique (questionnaires d’anxiété, de dépression, de déficit de l’attention/hyperactivité, d’ESPT) et leurs capacités cognitives.

L’objectif principal de l’étude sera de comparer le taux d’UDI rapportant au moins une injection à risque de contamination au sein des SCMR à celui rapporté par les UDI participant à un programme de réduction des risques conventionnel.

Une photographie nationale attendue

Si cette étude sera uniquement fondée sur le déclaratif patient et menée auprès de personnes francophones, elle offrira une première photographie de l’apport des SCMR en France. Pour mémoire, les principales études disponibles sont canadiennes. Or, ces deux pays diffèrent sur de nombreux aspects, qu’il s’agisse de la typologie des consommations ou de la nature de leur prise en charge et de l’accompagnement associé : programme d’échange de seringues, programmes de réduction des risques, accompagnement et éducation aux risques liés à l'injection (AERLI). Une évaluation relative à l’expérimentation nationale est donc nécessaire. Elle permettra d’apprécier la plus value apportée par les SCMR dont les objectifs sont, pour rappel, la possibilité d'administrer des drogues par injection (ou par inhalation dans certains cas, uniquement pour les personnes handicapées), l'accès à des consultations sociales, médicales et psychiatriques, la fourniture de matériel stérile, la collecte et l'élimination des matériels d'injection usagés, les soins de base, le conseil en réduction des risques, et l’accès au dépistage du VIH, VHB et VHC.