Europe : l’incidence de la tuberculose et celle de la tuberculose pharmacorésistante ne suivraient pas la même dynamique

  • Dadu A & al.
  • Lancet Infect Dis
  • 26 nov. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

On observe un déclin récent des chiffres d’incidence de la tuberculose dans les 18 pays à haute priorité de la région européenne de l’OMS (Organisation mondiale de la santé). Étant donné que tous ont depuis plusieurs années l’obligation de notification de la maladie, ces données suggèrent une diminution factuelle de l’incidence globale de la maladie.

En revanche, le taux de notification des cas de tuberculose pharmacorésistantes suit des tendances disparates, mais majoritairement stables ou croissantes. Ces dynamiques peuvent être le fruit, pour certains, d’une augmentation des notifications, suite à la systématisation de la recherche des résistances au niveau national. Mais il est également possible qu’une augmentation du nombre d’infections liées à des souches résistantes soit également en cours. Il est à noter que la question de la capacité des formes pharmacorésistantes à être plus facilement transmissibles n’est pas tranchée. In fine , un suivi doit être réalisé afin d’apprécier si les efforts réalisés dans la région depuis une vingtaine d’années sont suffisants et toujours adaptés à la situation.

Seuls deux pays bénéficient d’un déclin des souches sensibles et résistantes

Les données analysées sont issues de la base de données de l’OMS entre 2000 et 2017 et concernent les 18 pays à haute priorité de la région européenne de l’OMS : Arménie, Azerbaidjan, Biélorussie, Bulgarie, Estonie, Géorgie, Kazakhstan, Kirghizistan, Lettonie, Lituanie, Moldavie, Ouzbekistan, Roumanie, Russie, Tadjikistan, Turquie, Turkménistan, Ukraine.. Pour chaque pays, les auteurs ont établi les taux de notification des souches sensibles et pharmacorésistantes par habitant et ont cherché à déterminer les points d’inflexion des cinétiques observées. Seules les données relatives au Turkménistan n’ont pu être analysées.

Une diminution de l’incidence de la tuberculose est observée pour l’ensemble des 17 autres pays, avec une diminution comprise entre -2,6% par an au Kirghizistan (période 2002-2017) et -13,6% par an en Biélorussie (période 2015-2017). Les pays dans lesquels le déclin des chiffres de la tuberculose est le plus ancien était l’Estonie (depuis 2000) ou le Kirghizistan (depuis 2002), tandis qu’il est le plus récent en Lettonie ou en Moldavie (depuis 2012) ou en Biélorussie (depuis 2017).

Concernant la tuberculose pharmacorésistante, trois tendances sont observées :

  • l’Estonie et la Lettonie présentent une baisse du nombre de notification (-4,1% depuis 1998 et -7,2% depuis 2004 respectivement) ;
  • l’Arménie, la Biélorussie, la Bulgarie, la Géorgie, le Kazakhstan, la Lituanie et la Turquie présentent des chiffres stables ;
  • les autres pays présentent une augmentation de ces notifications, avec des chiffres compris entre +3,8% par an depuis 2007 en Moldavie et +16,1% par an depuis 2009 au Tadjikistan.

Les auteurs rappellent que, exceptées l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, ces pays n’ont été que progressivement aptes à pouvoir systématiser la recherche de pharmacorésistance, généralisée pour l’ensemble de la zone en 2012-2013 (hors Turkménistan). Ceci a pu favoriser l’augmentation des chiffres. Le suivi ultérieur de ces derniers permettra d’apprécier quel phénomène peut expliquer les cinétiques croissantes qui ont été observées.