EULAR : Arthrose érosive des mains: de petites doses de prednisolone améliorent la douleur

  • Dr Roseline Péluchon

  • JIM Actualités des congrès
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L'arthrose des mains est une pathologie fréquente et invalidante. De précédents travaux ont montré qu'une inflammation synoviale est souvent présente et semble un élément déterminant de la douleur et de la progression de la maladie à la radiographie.

Une équipe hollandaise a réalisé un essai randomisé en double aveugle contre placebo, avec pour objectif d'évaluer l'efficacité et la tolérance de traitements courts de faibles doses de prednisolone chez des patients atteints d'arthrose douloureuse des mains.

Au total, 92 patients ont été inclus. Ils présentaient une arthrose érosive selon les critères de l'American College of Rheumatology, avec au moins 4 articulations interphalagiennes présentant des nodules, au moins 1 interphalangienne avec œdème modéré ou érythème et au moins 1 interphalangienne avec un signal positif au doppler énergie ou une synovite de grade ≥ 2 à l'échographie. La douleur devait être estimée à 30 mm ou plus sur l'échelle visuelle analogique et majorée de plus de 20 mm après le sevrage des anti-inflammatoires stéroïdiens.

Les patients ont été randomisés pour recevoir, pendant 6 semaines, 10 mg par jour de prednisolone (n = 46) ou le placebo (n = 46), puis des doses dégressives pendant 2 semaines et enfin 6 semaines sans le traitement. Des points d'étape étaient réalisés à 2, 4, 6, 8 et 14 semaines. Le critère principal d'évaluation était la douleur, mesurée 6 semaines après le début du traitement.

Les résultats ne manquent pas d'intérêt. En effet, à la semaine 6, le score moyen de douleur a diminué de 21,5 points dans le groupe prednisolone et de 5,2 points dans le groupe placebo (différence moyenne de - 16,5 ; intervalle de confiance à 95 % de - 26,1 à - 6,9). Toujours à la semaine 6, 33 patients du groupe prednisolone (72 %) remplissent les critères de réponse OARSI, versus 15 (33 %) du groupe placebo.
La prednisolone est aussi associée à des résultats supérieurs au placebo pour la plupart des critères secondaires examinés : score fonctionnel et de douleur AUSCAN, indice fonctionnel FIHOA, évaluation globale du patient, échelle de qualité de vie SF-36. En revanche, la force de préhension n'est pas différente dans les 2 groupes.

L'échographie montre une amélioration significative de la synovite à la semaine 6 dans le groupe prednisolone par rapport au placebo, mais pas de différence du signal au doppler énergie. Quant aux effets indésirables, ils sont sensiblement identiques dans les deux groupes.

En revanche, les avantages constatés dans le groupe prednisolone sont transitoires puisque, à la semaine 14, après réduction de la corticothérapie, les différences entre les deux groupes disparaissent.

Pour les auteurs, cet essai prouve que l'inflammation locale est bien la cible que doit viser le traitement médicamenteux de l'arthrose érosive des mains.