Etudes de cohortes, cas-témoins, transversales, longitudinales : comment y voir plus clair dans ces études observationnelles ?


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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Les études observationnelles sont à différencier des études expérimentales. 

Pour ces dernières, tout est contrôlé : le profil de la population incluse, le choix des traitements et des paramètres observés sont notamment prédéfinis. Il peut s’agir, par exemple, de comparer deux traitements anti-hypertenseurs spécifiques chez des sujets de plus de 65 ans sans diabète associé, et sur une durée de 24 mois.

A contrario, pour les études observationnelles comme leur nom l’indique, « on observe » ce qui se passe ou ce qui s’est passé. Il s’agit donc d’une évaluation des pratiques sur la base de paramètres prédéfinis sans intervention. Par exemple, une étude observationnelle peut choisir d’évaluer la prise en charge thérapeutique de la gonarthrose par les médecins généralistes.

Études observationnelles prospectives ou rétrospectives ?

Les études observationnelles sont prospectives ou rétrospectives. Dans le premier cas, des données patients sont recueillies durant un laps de temps et à une fréquence prédéterminés. Elles sont considérées comme étant supérieures aux études rétrospectives, mais selon les domaines évalués, le temps de recrutement d’un nombre suffisant de patients peut devenir une contrainte importante, d’autant plus qu’il faut être exhaustif et inclure tous les patients concernés. Inclure par exemple au moins 80 enfants présentant des douleurs temporales gauches se présentant au service d’urgences pédiatriques de 3 centres hospitaliers peut prendre un certain temps. On comprend alors que les études rétrospectives basées sur les dossiers médicaux et de soins présentent un intérêt pour obtenir des données plus rapidement. Une étude rétrospective sur registre réalisée à partir des données existantes de patients suivis durant près de 20 ans peut par exemple apporter un éclairage à la question suivante « Arrêt du tabac versus gain de poids : quid de la balance bénéfice risque ? »

Études rétrospectives et prospectives peuvent cependant être complémentaires. Des chercheurs peuvent en effet décider d’évaluer assez rapidement et facilement la douleur chez les sujets de plus de 75 ans, en service d’oncologie par une étude rétrospective, et consolider les résultats par une étude prospective.

Études de cohortes, cas-témoins, transversales, longitudinales …

Les études de cohortes recueillent des données à partir d’une population définie et évaluent les cas incidents. Parmi les grandes cohortes, l’une des plus connue est la cohorte Framingham, créée en 1948qui a révolutionné la compréhension des maladies cardiovasculaires. Encore active aujourd’hui, elle évalue également l’incidence des cancers, de la démence, de l’ostéoporose, …. Par ailleurs, les enfants et conjoints des participants ont rejoint la cohorte initiale, cela offre l’opportunité de réaliser des analyses sur plusieurs générations. Les études de cohortes sont appelées « études prospectives de cohorte » ou « études longitudinales » lorsqu’elles suivent dans le temps les variations de la fréquence de certains critères. Des études de cohorte ont par exemple évalué les questions suivantes : « Est-ce qu’en France les pratiques à risque des HSH infectés par le VIH ont augmenté au cours des 18 dernières années ? »« Est-ce que les déficits auditifs et visuels contribuent à accélérer le déclin cognitif ?» ou encore « Est-ce que l’étude prospective de cohorte NutriNet-Santé a permis de mettre en évidence un lien entre alimentation et cancer ? ». Une étude transversale, elle, recueille des informations descriptives sur une courte durée, et donne une image instantanée d’une situation. Les études cas-témoins ou « cas-contrôle », quant à elles comparent des « cas » à des sujets « témoins ». Une étude cas-témoins permet d’apporter une réponse par exemple à la question : « Est-ce que les anticholinergiques ont vraiment un effet délétère sur la cognition ? ». Le plus souvent les études de cohorte seront prospectives et les études longitudinales et cas-témoins plutôt rétrospectives. 

Enfin, les données de plusieurs études cas-témoins ou de cohortes, peuvent faire l’objet de méta-analyses pour prendre un autre recul sur une problématique, permettant ainsi de dégager une tendance globale sur un sujet, une question, comme par exemple « Est-ce qu’une activité sexuelle intense réduit le risque de cancer de la prostate ? ». Si les méta-analyses apportent un certain point de vue, il faut cependant être attentif à l’homogénéité des études incluses.