Étude SUNSHINE : la vitamine D3 augmenterait la survie sans progression des patients atteints de cancer colorectal

  • Ng K & al.
  • JAMA
  • 9 avr. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

La revue JAMA vient de publier les résultats d’une étude de phase 2 très prometteuse. Les résultats de celle-ci suggèrent une augmentation de la survie chez les patients ayant bénéficié de doses élevées de vitamine D3 (versus des doses standards) en plus d’un traitement classique par chimiothérapie. Si la différence brute n’était pas significative (13 mois versus 11 mois), en revanche les analyses multivariées ont montré que les patients sous fortes doses de vitamine D3 avaient 36% moins de risque d’avoir une progression de la maladie ou de décéder au cours du suivi moyen de 22,9 mois. Un essai de plus large envergure est maintenant prévu pour confirmer ces données. 

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Des données in vitro avaient montré que la vitamine D présentait des propriétés anti-cancéreuses (en agissant sur la mort cellulaire programmée, sur la croissance des cellules tumorales et en réduisant le potentiel métastatique). Des études observationnelles précédemment publiées avaient suggéré que les supplémentations en vitamine D3 à doses élevées étaient associées à une amélioration de la survie chez les patients souffrant de cancer colorectal métastatique, mais elles ne permettaient pas de prouver que la vitamine D en était bien la cause.

Méthodologie

L’étude Sunshine, un essai de phase 2 randomisé, mené en double aveugle au sein de 11 centres de soins américains, a inclus 139 patients venant de terminer ou ayant arrêté un traitement standard par chimiothérapie (nFOLFOX6 + bevacizumab toutes les deux semaines) pour cancer colorectal à un stade avancé ou métastatique (âge moyen 56 ans, 43% de femmes). Au total, 69 patients ont été inclus dans le groupe fortes doses de vitamine D3 (8.000 UI/j durant 14 jour puis 4.000 UI/j) et 70 dans le groupe doses standards de vitamines D3 (400 UI/j). Les sujets ne devaient pas prendre d’autre supplémentation en vitamine D ou calcium en parallèle durant toute la période de l’étude. 

Principaux résultats

  • Les patients qui ont bénéficié d’une supplémentation de vitamine D3 à fortes doses avaient une survie médiane sans progression du cancer de 13 mois, contre 11 pour les patients sous supplémentation par vitamine D3 à dose standard. 
  • Ainsi, le risque composite de progression de la maladie ou de décès était diminué de 36% chez ceux qui avaient bénéficié du traitement par vitamine D3 à fortes doses par rapport aux autres : hazard ratio (HR) de 0,64 [IC95% unilatéral : 0 à 0,90], (p=0,02).
  • Le taux médian de 25(OH)D à l’inclusion était de 16,1 mg/mL dans le groupe fortes doses de vitamine D3 et de 18,7 ng/mL pour le groupe doses standards (différence jugée non significative) et respectivement de 34,8 et 18,7 ng/mL à l’arrêt du traitement par vitamine D3, soit une différence significative de 16,2 ng/mL.
  • Les effets indésirables de grade 3 les plus courants dans le groupe chimiothérapie plus vitamine D3 à fortes doses versus doses standards étaient la neutropénie (35% vs 31%) et l’hypertension artérielle (13% vs 16%).

Principales limitations

Étude portant sur un faible effectif.