Étude randomisée sur la réduction du stress par la pleine conscience dans les migraines épisodiques

  • Seminowicz DA & al.
  • Pain
  • 1 août 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Le suivi d’un programme de 20 semaines sur la réduction du stress par la pleine conscience (MBSR, Mindfulness Based Stress Reduction) permet de réduire la fréquence et l’intensité des migraines de façon supérieure à un programme de gestion du stress dans une cohorte de sujets adultes présentant des migraines épisodiques. Cette diminution est comparable à celle apportée par des approches pharmacologiques de première ligne et suggère qu’un programme MBSR pourrait être utilisé comme approche prophylactique.

  • Par ailleurs, des modifications de l’imagerie IRM suggèrent une amélioration de l’efficacité cognitive compatible avec une amélioration de certains processus par le MBSR.

 

Les approches non pharmacologiques sont intéressantes dans la prévention de la migraine, étant donné le risque de céphalée associé à certains traitements médicamenteux. La réduction du stress par la pleine conscience (MBSR, Mindfulness Based Stress Reduction ) a été décrite comme efficace sur la douleur aiguë et a été associée à l’imagerie àr certaines évolutions structurales cérébrales. Il était intéressant d’évaluer si un même programme permettait d’apporter un soulagement à des adultes souffrant de migraines épisodiques.

L’étude publiée dans Pain a été menée dans un hôpital américain. La cohorte a été formée auprès de sujets migraineux connus et disposant d’au moins une année d’histoire de la maladie. Ceux qui ont accepté par téléphone l’invitation ont rempli un agenda d’éligibilité (4 à 14 crises sur 28 jours). In fine , l’étude a inclus 98 patients répartis 1:1 entre les deux programmes testés : le programme MBSR mené en groupe par séance de 2 heures chaque semaine durant 8 semaines puis 2 fois par mois durant 8 autres semaines. Le programme contrôle était mené selon le même calendrier et consistait en un programme de gestion du stress (éducation thérapeutique et 10 minutes d’étirement à chaque séance).

Réduction de la fréquence et évolution de l'activation cérébrale à l'IRM

Les participants étaient principalement des femmes (91%), avaient un âge moyen de 36 ans et 80% avaient au moins un an d’études supérieures. La fréquence des migraines était de 7,8 par mois, et 15% des patients seulement prenaient un traitement préventif.

À 20 semaines, la fréquence des céphalées avait diminué et était inférieure dans le groupe MBSR (4,6 [3,6-5,6] vs 6,0 [4,9-7,0] sur 28 jours, p =0,04), la différence étant significative dès la dixième semaine. La différence n’était pas significative à la 52 e semaine parce que la fréquence des migraines dans le groupe contrôle avait diminué entre la 20 e et la 52 e semaines. Les auteurs estiment que l’éducation thérapeutique prodiguée dans le groupe contrôle a pu porter ses fruits sur le moyen terme.

Plusieurs critères secondaires (impact de la migraine sur la vie quotidienne - score HIT-6-, taux de répondeurs au traitement) étaient aussi significativement améliorés dans le groupe MBSR, mais l'intensité moyenne des céphalées ne différait pas entre les deux groupes aux différents moments d’évaluation.

La fonction cérébrale a été mesurée par IRM lors de la réalisation d’une tâche cognitive au niveau de différentes zones identifiées par  la littérature comme présentant une activité modifiée par la pleine conscience. L’IRM, réalisée à 10 et 20 semaines a mis en évidence une évolution favorable de l’activation de différentes zones cérébrales (opercule du lobe pariétal, cortex visuel, connectivité entre le cortex préfrontal dorsolatéral et l’insula dorsale droite).

Des biais de sélection des patients et le caractère monocentrique de l’étude limitent la généralisation de ses conclusions, mais ce travail invite à approfondir l’approche en comparant par exemple uniquement les données des sujets répondeurs.