Étude PIONEER 3 : le semaglutide sous forme orale confirme son intérêt chez les DT2 versus la sitagliptine

  • Rosenstock J & al.
  • JAMA
  • 23 mars 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Chez les adultes diabétiques de type 2 insuffisamment contrôlés malgré un traitement par metformine associé ou non à un sulfamide, le semaglutide sous forme orale à 7 mg/j ou 14 mg/j durant 26 semaines, permettrait une réduction significativement plus importante de l’HbA1c que la sitagliptine 100 mg/j (inhibiteur du DPP-4). Le dosage le plus élevé en semaglutide serait cependant associé à une augmentation du taux d’effets indésirables gastro-intestinaux, montrant que l’équilibre efficacité/tolérance devra être bien évalué dans les prochains essais de plus grande envergure.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Aucune étude de phase 3 n’avait jusqu’à présent évalué l’efficacité d’une forme orale de semaglutide avec d’autres traitements anti-hyperglycémiants. 

Méthodologie

L’étude PIONEER 3 est une étude de phase 3a, randomisée, menée en double aveugle et double placebo. Au total, 206 centres médicaux répartis dans 14 pays ont participé à cette étude qui a inclus 1.864 adultes diabétiques de type 2 insuffisamment contrôlés sous metformine avec ou sans sulfamide associé et randomisés en groupes parallèles : semaglutide oral 3 mg/j (n=466), 7mg/j (n=466) et 14 mg/j (n=465) ou sitagliptine 100 mg/j (n=467). Quel que soit le groupe, le semaglutide était initié à la dose de 3 mg/j, puis une augmentation de dose était réalisée toute les 4 semaines pour atteindre 7 mg/j puis 14 mg/j selon le groupe concerné. Le critère principal d’évaluation était la non infériorité sur le critère de variation de l’HbA1c et du poids à la 26semaine (marge de non infériorité fixée à 0,3%). La supériorité était recherchée uniquement si la non-infériorité était mise en évidence.

Principaux résultats

À l’inclusion, l’âge moyen des patients était de 58 ans, l’HbA1c moyenne de 8,3%, l’IMC moyen 32,5 kg/m2 et 47,2% des sujets étaient des femmes.

  • Les patients traités par semaglutide oral 7 mg/j et 14mg/j ont eu une réduction significativement plus importante de leur HbA1c par rapport à ceux traités par sitagliptine : différence de -0,3% [-0,4% à -0,1%] et -0,5% [-0,6% à -0,4%] respectivement, pversus la sitagliptine n’a pas été mise en évidence pour le dosage à 3 mg/j.
  • Les patients traités par semaglutide 7 mg/j et 14 mg/j ont également bénéficié d’une réduction pondérale respectivement de 1,6 kg et 2,5 kg entre l’inclusion et la 26semaine, par rapport à ceux traités par sitagliptine (p
  • Le dosage le plus élevé de semaglutide a été associé à un taux plus élevé d’effets indésirables gastrointestinaux. La majorité des évènements gastro-intestinaux étaient d’intensité faible à modérée. La nausée, le plus fréquent d’entre eux, a été rapporté chez 7,3%, 13,4% et 15,1% des patients sous semaglutide 3, 7 et 14mg/j et chez 6,9% des patients sous sitagliptine. Un pourcentage assez conséquent de patients ont arrêté le traitement : semaglutide 3 mg/j (16,7%),  sémaglutide 7 mg/j (15,0%), semaglutide 14 mg/j (19,1%) et sitagliptine (13,1%). Les effets indésirables gastro-intestinaux constituaient la cause principale de ces arrêts quel que soit le groupe de traitement évalué (respectivement 5,6%, 5,8%, 11,6% pour le semaglutide 3, 7 et 14 mg/j et 5,2% sous sitagliptine).

LImitation

Le taux d'arrêt de traitement était particulièrement élevé dans le groupe semaglutide, et les données d'observance ne sont pas mentionnées.

Financement

Étude financée par Novo Nordisk.