Étude observationnelle sur la reconstruction mammaire en France


  • Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir

En France, selon des données recueillies entre 2008 et 2014 :

  • 16,1% des femmes ayant subi une mastectomie pour cancer du sein ont bénéficié d’une reconstruction mammaire immédiate.
  • Lorsque la reconstruction mammaire était différée, celle-ci était réalisée dans 92% des cas dans les 3 ans.
  • Des données portant sur les deux premières années (2008-2009) indiquent que deux tiers des femmes n’avaient pas eu de reconstruction mammaire.

Les auteurs appellent à une meilleure organisation pluridisciplinaire pour favoriser l’accès à une reconstruction mammaire pour les femmes qui le souhaitent.

Pourquoi ces résultats sont intéressants ?

Il existe peu de données françaises récentes sur la reconstruction mammaire post-mastectomie pour cancer du sein. Le faible taux de reconstruction immédiate mis en évidence doit être considéré au regard des restrictions liées à cette pratique. Cette photographie de la reconstruction mammaire post-mastectomie dans un contexte de cancer du sein est intéressante et devrait inciter à la mise en place d’études complémentaires pour mieux comprendre les critères qui motivent la reconstruction immédiate, différée ou l’absence de reconstruction mammaire.

Méthodologie

Les données analysées proviennent du Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information (PMSI) et ont été recueillies entre 2008 et 2014. Toutes les femmes devant subir une mastectomie totale pour cancer du sein durant cette période ont été incluses.  

Principaux résultats

Au global, 140.904 mastectomies ont été réalisées entre 2008 et 2014 (âge moyen à l’inclusion 61,6 ans). Le nombre annuel de mastectomie est resté stable durant toute la période de l’étude. La plus grande part des mastectomies était réalisée en hôpital privé (39,5%), puis en centre contre le cancer (25,3%), en hôpital public (24,4%) et en hôpital universitaire (10,8%).

Le taux moyen de reconstruction mammaire immédiate était de 16,1% et celui-ci a augmenté au cours de la période d’évaluation passant de 15,8% en 2008 à 17,6% en 2014. 

Un an après la mastectomie, 21,0% des femmes avaient subi une reconstruction mammaire différée. Ce taux passait à 72,6% à deux ans, 91,3% à 3 ans et 99% à 5 ans.

Le délai moyen de reconstruction mammaire différée était inférieur ou égal à 3 ans dans 92% des cas.

Si l’on considère les patientes incluses en 2008-2009, 15,7% des femmes ont bénéficié d’une reconstruction immédiate, 17,8% une reconstruction différée et 66,4% n’ont pas eu de reconstruction mammaire.