Étude française : impact de la chirurgie bariatrique sur la grossesse

  • Jacamon AS & al.
  • Surg Obes Relat Dis
  • 11 mai 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une étude a évalué l’impact de la chirurgie bariatrique sur des critères obstétricaux et néonataux en comparant une population de femmes enceintes ayant subi une chirurgie bariatrique à deux cohortes de femmes enceintes n’ayant pas subi ce type d’intervention. L’une des cohortes était appariée sur l’IMC avant chirurgie et l’autre sur l’IMC avant grossesse. Les résultats suggèrent que la chirurgie bariatrique réduirait le risque de diabète gestationnel, de pré-éclampsie et de poids excessif du fœtus par rapport à l’âge gestationnel. En revanche, elle augmenterait le risque de faible poids à la naissance.

Méthodologie

Cette étude rétrospective multicentrique française a apparié les données de femmes enceintes ayant subi une chirurgie bariatrique (n=52), à deux cohortes de femmes témoins enceintes n’ayant pas subi de chirurgie bariatrique (le groupe A, n=104 était apparié sur l’IMC pré-chirurgie bariatrique et le groupe B, n=104, apparié sur l’IMC pré-grossesse). Les grossesses considérées étaient des grossesses uniques.

Principaux résultats

L’âge moyen des femmes ayant subi une chirurgie bariatrique était de 27,1 ans et l’IMC pré-chirurgie de 46,0 kg/m2. L’IMC moyen post-chirurgie était de 26,7 kg/m2. Bien que 35% des grossesses soient survenues dans l’année suivant la chirurgie, le délai médian entre la chirurgie et la conception était de 3,0 ans. L’IMC pré-grossesse était de 29,4 kg/m2pour les femmes ayant subi une chirurgie bariatrique et de 45,3kg/m2 pour celles appariées sur l’IMC pré-chirurgie, et de 28,6 kg/m2 pour celles appariées sur l’IMC pré-grossesse.

Un diabète gestationnel a été diagnostiqué chez 12% de celles ayant subi une chirurgie bariatrique et 44% de celles appariées sur l’IMC pré-chirurgie et 17% de celles appariées sur l’IMC pré-conception.

La pré-éclampsie était moins fréquente chez les femmes ayant subi une chirurgie bariatrique que chez les autres (2% versus 13%). En revanche aucune différence significative entre les groupes n’a été notée concernant l’hypertension gestationnelle ou la prématurité.

Les fœtus de poids supérieur à celui de l’âge gestationnel de référence étaient plus fréquents pour les femmes n’ayant pas subi de chirurgie bariatrique que pour les autres, respectivement 13% et 8% pour les femmes appariées sur l’IMC pré-chirurgie et pré-conception versus 0% chez les femmes ayant subi une chirurgie bariatrique. Le poids de naissance était significativement inférieur chez les enfants dont les mères avaient subi une chirurgie bariatrique que chez les autres (2.960 g versus 3.381 g et 3.310 g respectivement pour celles appariées sur l’IMC pré-chirurgie ou l’IMC pré-conception). Enfin, 17% des enfants nés de mères ayant subi une chirurgie bariatrique ont été transférés en unité de néonatalogie pour prise en charge de morbidité contre 6% (p=0,02) et 8% (p =0,065) respectivement pour les enfants des mères appariées sur l’IMC pré-chirurgie ou l’IMC pré-conception.

En analyses multivariées, la chirurgie bariatrique restait négativement associée seulement au poids de naissance.

Limitations

Étude de petite envergure n’ayant pas permis d’évaluer les différences sur les critères obstétricaux et néonataux selon les différentes techniques de chirurgie bariatrique utilisées.