Étude française en vie réelle sur l’efficacité des traitements oraux de désensibilisation aux pollens de graminées

  • Devillier P & al.
  • Allergy
  • 27 déc. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon une analyse menée à partir d’une base de données issues d’officines françaises, le nombre de médicaments prescrits contre les symptômes de la rhinite allergique (RA) diminuait  entre 2012 et 2016 chez les sujets qui recevaient un traitement oral de désensibilisation aux pollens de graminées alors qu’il augmentait chez ceux qui souffraient de RA non désensibilisés. Par ailleurs, dans le groupe recevant une désensibilisation, ceux qui nécessitaient un traitement anti-asthmatique étaient moins nombreux et le nombre de médicaments anti-asthmatiques qui leur étaient prescrits était plus faible que dans le groupe non désensibilisé.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Les données d’efficacité sur les traitements de désensibilisation orale aux pollens de graminées, principalement issues d’études cliniques randomisées, montrent notamment une réduction de la sévérité des symptômes de RA, la diminution du recours aux traitements spécifiques ainsi qu’une diminution du risque de symptômes d’asthme. Les données en conditions de vie réelle sont utiles pour confirmer ou moduler ces résultats. Une étude de ce type a été menée en Allemagne mais il était intéressant de conduire un travail similaire en France pour renforcer ces premières données et en évaluer la généralisation à d’autres pays. La présente étude confirme globalement les conclusions de l’étude allemande. Des études à plus long terme, ainsi que d’autres étudiant les aspects médico-économiques de cette prévention seraient aujourd’hui intéressantes à mener.

Méthodologie

  • Cette analyse a été menée à partir de la base de donnée IMS LifeLinkTM Treatment Dynamics qui regroupe 34% des officines françaises. À partir des prescriptions de médicaments symptomatiques, les sujets présentant une RA depuis au moins l’âge de 5 ans ont été recensés.

  • Ensuite, les sujets ayant bénéficié d’une désensibilisation orale (au moins deux prescriptions sur 2 ans d’Oralair® ou Grazax®) ont été identifiés et l’analyse des prescriptions menées avant la date index (première délivrance), puis à l’issue de la dernière prescription (période de suivi). Sur l’année de la date index, chacun des individus a été apparié à 25 sujets contrôles souffrant de RA sans désensibilisation, et sous traitement symptomatique . Dans une analyse secondaire, chacun a été apparié sur l’âge à 10 sujets non désensibilisés. Les prescriptions ont été analysées sur les saisons des pollens (avril-juillet).

Résultats

  • Au total, 1.099 personnes désensibilisées ont été comparées à 27.475 patients dans l’analyse principale (respectivement 90,5% et 29,5% de moins de 45 ans), puis 10.990 patients dans l'analyse secondaire (appariés sur l’âge).

  • Avant la date index, 37,6% et 39,2% des groupes désensibilisation et contrôle ont été traités pour l'asthme. Durant la période de suivi, 37% des patients désensibilisation n'ont reçu aucun traitement symptomatique de la RA, contre 4,5% parmi les sujets contrôles. Sur cette période le nombre moyen de prescriptions de médicaments symptomatiques par patient et par an était respectivement de 2,6 et 11,0 (analyse principale) et 8,6 (analyse secondaire).

  • Durant le suivi, le nombre de patients initiant un traitement anti-asthmatique était de 2,8 et 5,3% dans les groupes désensibilisation et contrôle respectivement. Après ajustement sur les covariables, le risque d’asthme était réduit de 63,7% [31,5-80,7%] après appariement sur l'âge (p = 0,0018).

  • Si, sur la période pré-index, le nombre moyen annuel de prescriptions d’anti-asthmatiques par patient était inférieur dans le groupe désensibilisation par rapport à l’autre (5,0 vs 8,1 après appariement sur l'âge), ce chiffre diminuait durant la période de suivi tandis qu’il restait stable ou progressait dans le groupe contrôle (-40% vs +10%).

Principales limitations

Les prescriptions étaient des marqueurs indirects de la survenue et de la sévérité des pathologies respiratoires.

Financement

L’étude a été sponsorisée par Stallergenes Greer.