Étude COACT : Faut-il pratiquer une angiographie immédiatement après réanimation post-arrêt cardiaque ?


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une étude randomisée menée chez plus de 500 individus présentant un arrêt cardiaque extrahospitalier, montrent qu’il n’y aurait pas de différence significative de survie à 90 jours entre la réalisation d’une angiographie immédiatement après réanimation cardiorespiratoire et la réalisation de cet examen en décalé, après recouvrement des fonctions neurologiques. Ces résultats diffèrent de ceux d’études observationnelles préalablement menées et pour lesquelles des biais de sélection de patients ont pu subsister. L’absence de bénéfice pourrait en partie être liée au fait que les patients souffraient de coronaropathie stable, l’ICP améliorant surtout les patients avec thrombose coronaire, c’est-à-dire les patients avec surélévation du segment ST.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Le délai de la réalisation d’une angiographie coronaire post-réanimation cardiorespiratoire reste sujet à controverses lorsqu’il n’y a pas de surélévation du segment ST.

Méthodologie

L’étude COACT (Coronary Angiography after Cardiac Arrest) est un essai randomisé, multicentrique mené en ouvert à partir de 19 centres médicaux des Pays-Bas auprès de sujets réanimés après un arrêt cardiaque en dehors des murs de l’hôpital, et sans signe de surélévation du segment ST à l’ECG. Ces sujets ont été randomisés entre un groupe angiographie immédiate (aussi rapidement que possible et dans les deux heures après randomisation) et un groupe angiographie retardée après recouvrement des fonctions neurologiques (généralement après sortie de l’unité de soins intensifs). 

Principaux résultats

Au total, 552 patients ont été inclus dans les analyses (âge moyen 65,3 ans, 79% d’hommes). Pour le groupe angiographie immédiate et retardée, le délai moyen entre la randomisation et l’angiographie était respectivement de 0,8 et 119,9 heures : une thrombose aiguë était retrouvée respectivement chez 3,4 et 7,6% des patients, une intervention coronaire percutanée était réalisée respectivement chez 33,0 et 24,2% des patients et un pontage coronarien réalisé respectivement chez 6,2 et 8,7% pour chacun de ces groupes.

Les résultats ont montré qu’à 90 jours, 64,5% des sujets du groupe angiographie immédiate et 67,2% de ceux du groupe angiographie retardée étaient en vie (odds ratio 0,89 [0,62-1,27], p=0,51). 

Principales limitations

  • Du fait des procédures évaluées, les cliniciens étaient informés de l’assignement des patients aux deux groupes, ce qui a pu influencer les traitements ultérieurs. 
  • Certains profils de patients (avec AVC, dysfonction rénale sévère, persistance d’une surélévation du segment ST) étaient exclus. Ces résultats ne peuvent donc pas être généralisables.

Financements

Étude financée par le Netherlands Heart Institute, Biotronik et AstraZeneca.