Étude CHECK : comment améliorer la prédiction de coxarthrose à 10 ans ?

  • Hirvasniemi J & al.
  • Osteoarthr Cartil
  • 28 févr. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude récemment publiée dans Osteoarthritis and Cartilage montre que chez les sujets ayant une arthrose précoce, la prise en compte de données concernant la texture osseuse (par signature fractale de sites spécifiques de la tête fémorale et de l’acétabulum) pourrait améliorer la prédiction de la survenue d’une coxarthrose radiologique à 10 ans.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

La radiographie standard reste une méthode simple, rapide et peu coûteuse pour détecter une arthrose et suivre les modifications osseuses. Des données de la littérature ont montré que la texture trabéculaire du tibia pouvait être utilisée pour prédire le développement et la progression de l’arthrose ainsi que la pose d’une prothèse de genou. Une seule étude avait jusqu’à présent utilisé la signature fractale mesurée sur radiographie de hanche. Cependant, cette étude n’avait inclus que 14 patients et le suivi était relativement court (18 mois). D’où l’intérêt de cette étude ayant inclus près de 1.000 hanches et assuré un suivi durant 10 ans. 

Méthodologie

L’étude CHECK (Cohort Hip and Cohort Knee) est une étude prospective conduite sur 1.002 individus. Les données ont été collectées dans 10 centres médicaux néerlandais. À l’inclusion les sujets devaient être âgés de 45 à 65 ans, avoir des douleurs ou une raideur au niveau de la hanche et/ou du genou, et ne jamais avoir consulté de médecin pour ces symptômes ou avoir eu une consultation dans les 6 derniers mois. Les clichés radiographiques pelviens antérieurs et postérieurs et les données cliniques des sujets inclus ont été évalués à l’inclusion et après 10 ans de suivi. Les chercheurs ont créé une méthode pour évaluer la signature osseuse au niveau du fémur proximal et de l’acétabulum à partir de radiographies pelviennes classiques en évaluant 41 points spécifiques de contrôle. La prédiction à 10 ans de la survenue d’arthrose radiographique de la hanche (grade de Kellgren-Lawrence (KL) ≥2), du développement d’un pincement de l’interligne articulaire (score JSN entre 0 et 3) et de la présence d’ostéophytes (score OST entre 0 et 3) a été évaluée en intégrant différentes variables liées au patients ainsi que les mesures des structures osseuses.

Principaux résultats

La période de suivi de 10 ans a permis d’inclure 987 hanches ne présentant pas d’arthrose radiologique. 

  • Sur l’ensemble des hanches sans arthrose radiographique à l’inclusion, 44% ont développé une coxarthrose radiographique (score de KL ≥2) au cours des 10 ans de suivi.
  • Sur les 667 hanches n’ayant pas de pincement de l’interligne articulaire (grade 0) à l’inclusion, 71% en ont développé un de grade ≥1 à 10 ans.
  • Sur le 613 hanches sans ostéophyte à l’inclusion, 86% ont présenté des ostéophytes de grade ≥1 à 10 ans.

L’âge était un critère prédictif significatif de la survenue d’une arthrose (KL ≥2 ou prothèse de hanche) avec un odds ratio de 1,06 [1,03-1,09], (p

L’inclusion des variables liées à la texture osseuse dans le modèle de prédiction a augmenté la valeur de l’aire sous la courbe :

  • L’aire sous la courbe de la prédiction de la coxarthrose radiographique intégrant l’âge, le sexe et l’IMC passait ainsi 0,68 à 0,71.
  • En revanche l’aire sous la courbe de la prédiction du développement d’ostéophytes n’était pas améliorée par l’intégration de données de la signature osseuse. 

Principales limitations

Les modifications des structures osseuses peuvent varier en fonction des phénotypes de coxarthrose, or ici aucune distinction n’a été faite sur ce critère. Et, certains points spécifiques d’évaluation de la structure osseuse peuvent avoir intégrés de l’os cortical et trabéculaire.