État de stress post-traumatique : efficacité du bloc du ganglion stellaire

  • Rae Olmsted KL & al.
  • JAMA Psychiatry
  • 6 nov. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

La réalisation de deux blocs du ganglion stellaire droit à à quinze jours d’intervalle permet de réduire de façon plus intense les symptômes qui sont liés à l’état de stress post-traumatique (ESPT) chez des militaires américains par rapport à une procédure leurre. Cette efficacité était d’autant plus importante que les patients présentaient un ESPT initial sévère. La procédure apparaît sûre et réalisable en routine clinique. Des résultats à plus long terme sont maintenant nécessaires.

Une preuve d’intérêt supplémentaire

Le bloc du ganglion stellaire situé à la base du cou est une approche qui a été développée il y a plusieurs décennies dans le traitement de la douleur sympathique. Des cas puis des séries de cas ont été rapportés à partir des années 1990 quant à l’impact du bloc du ganglion stellaire droit sur les symptômes d’ESPT. Mais la première étude randomisée dédiée au sujet a échoué à confirmer l’intérêt de la procédure, sans doute à cause de biais de méthodologie et de son faible effectif. La présente étude, publiée dans JAMA Psychiatry , permet d’envisager une poursuite des travaux dans le domaine. Les études ultérieures devront intégrer un effectif plus large avec des patients plus sévèrement atteints et un suivi prolongé.

Près de 200 militaires issus de trois hôpitaux militaires américains

L’étude a été menée en simple insu (côté patient) entre mai 2016 et mars 2018 auprès de militaires en service actif qui présentaient un score PCL-C-IV égal à 32 ou plus (sur 85 points maximum). L’évaluation a ensuite été réalisée à partir de l’utilisation d’un autre score (CAPS-5, sur 80 points maximum, qui n’était pas disponible au moment du démarrage de l’étude).

Les sujets étaient randomisés (2:1) pour recevoir une procédure véritable ou leurre de bloc du ganglion stellaire droit (soit 7 à 10 mL de ropivacaïne 0,5% ou 1 à 2 mL de solution saline respectivement) à l’inclusion et après 2 semaines. L’évaluation de l’évolution du score de sévérité de l’ESPT était menée 8 semaines après l’inclusion.

Efficacité à 8 semaines

Au total, l’étude a randomisé 113 personnes, dont 108 pour lesquelles le suivi à 8 semaines était disponible. À l’inclusion, il s’agissait essentiellement d’hommes (n=100), d’âge moyen 37,3 ans et qui présentaient un diagnostic d’EPST (selon le score CAPS-5) pour 80% d’entre eux. Les scores moyens CAPS-5 étaient similaires à l’inclusion avec 37,6 et 39,8 respectivement dans le groupe procédure active versus leurre.

L’amélioration du score de gravité totale des symptômes à 8 semaines était supérieure dans le groupe procédure active, avec -12,6 points versus -6,1 points (p=0,01).

Les critères secondaires de l’étude portant sur les différents symptômes liés à la maladie étaient également vérifiés : les résultats montraient une amélioration significative de la dépression, de la détresse, de l’anxiété, de la douleur et du ralentissement fonctionnel dans le groupe traité par rapport au groupe leurre.

Aucun évènement sérieux n’a été rapporté.