Et si le paradoxe de l’obésité du sujet âgé était conditionnée par la fragilité ?

  • Nakamura T & al.
  • Am J Med
  • 26 juil. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

  • Les IMC les plus élevés seraient associés à un pronostic favorable chez les sujets âgés ayant une maladie cardiovasculaire du moment où ils ont une vitesse de marche préservée.
  • Il est admis que l’altération de la vitesse de marche est une composante importante de la fragilité et de la sarcopénie.
  • Les résultats de cette étude suggèrent que le paradoxe de l’obésité identifié à travers plusieurs études chez les sujets obèses ayant une maladie cardiovasculaire serait associé à la fragilité.
  • Ainsi, le paradoxe de l’obésité pourrait reposer sur un IMC élevé du fait d’une masse musculaire élevée et non d’une masse grasse élevée. D’autres études doivent cependant encore être menées pour le démontrer.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Elle offre un regard différent sur le paradoxe de l’obésité et suggère qu’il est essentiel de préserver ou d’augmenter le poids corporel chez les sujets âgés, à travers la préservation de la masse musculaire.

Méthodologie

Au total 2.224 patients de 60 ans et plus présentant une maladie cardiovasculaire et admis en milieu hospitalier entre le 1er mai 2006 et le 31 janvier 2018 ont été inclus. L’IMC et la vitesse de marche avant l’admission hospitalière ont été déterminés et les patients ont été classés en fonction de leur vitesse de marche (≤0,8 ou >0,8 m/seconde).

Ces deux groupes ont ensuite été divisés en fonction de l’IMC (2). Le critère d’évaluation était la mortalité toutes causes.

Principaux résultats

L’âge moyen des sujets inclus était de 73,1 ans, 66,7% étaient des hommes, et la durée médiane du suivi était de 1,69 ans. Durant la période d’évaluation, 283 sujets sont décédés. Sur l’ensemble des patients suivis, 35,1% étaient hospitalisés pour insuffisance cardiaque, 25,9% pour coronaropathie, 21,7% pour chirurgie cardiaque et 18,1% pour une autre cause. 

Après ajustement sur le sexe, l’âge, le débit de filtration glomérulaire estimé, le taux de BNP, la fraction d’éjection ventriculaire gauche, l’hémoglobine, l’albumine, le tabagisme et les antécédents d’insuffisance cardiaque, seuls les sujets ayant les IMC les plus élevés et une vitesse de marche préservée avaient un pronostic plus favorable. Cette association n’était pas observée dans les autres catégories d’IMC, ni dans les groupes ayant une vitesse de marche altérée.

Principales limitations

Étude rétrospective, durée du suivi limitée et petit échantillon.