Et si la relation entre anévrisme de l’aorte abdominale et hypertension était plus forte que prévue ?


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une méta-analyse propose pour la première fois une évaluation de l’association entre hypertension artérielle (HTA), valeurs de la pression artérielle systolique (PAS) et diastolique (PAD) et la survenue d’anévrisme de l’aorte abdominale (AAA) sur la base de données longitudinales. À partir d’une population de plus de 4 millions de participants et de près de 25.000 cas d’AAA, les auteurs de ce travail évoquent une relation plus forte qu’établie précédemment, les sujets hypertendus présentant une augmentation du risque de 66% par rapport aux sujets normotendus, soit le double de ce qui était précédemment établi. Par ailleurs, ce travail montre aussi une susceptibilité accrue pour les femmes, et l’influence supérieure d’une PAD anormalement élevée, par rapport à celle de la PAS, sur le risque d’AAA. Ce dernier point mériterait d’être mieux compris.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

Plusieurs facteurs de risque ont été décrits comme favorisant le risque d’AAA, notamment l’âge, le sexe masculin, le tabagisme, une origine caucasienne et une athérosclérose. Le rôle de l’HTA a été décrit par plusieurs études, assorties d’une large variation de la taille des associations, et par quelques méta-analyses, ayant cependant essentiellement inclus des études transversales ou cas-contrôles. Une large méta-analyse menée à partir d’études longitudinales était nécessaire.

Méthodologie

Cette méta-analyse a pu inclure 21 publications, soit 28.162 cas d’AAA et une population totale de 5.440.588 sujets.

Principaux résultats

  • Le risque relatif d’AAA était de 1,58 [1,32-1,90] chez les sujets hypertendus par rapport aux sujets normotendus. Après exclusion de l’une des 14 études utilisées dans ce calcul et favorisant une très forte hétérogénéité (I2 =96,2%), ce risque était de 1,66 [1,49-1,85] (I2 =79,3%).

  • Le risque relatif d’AAA augmentait de 14% pour chaque augmentation de 20 mmHg de la PAS (1,14 [1,06-1,23], I2 =30,5%). Il était accru de 28% pour chaque augmentation de 10 mmHg de la PAD (1,28 [1,12-1,46], I2 =80,1%), mais était compris entre 21 et 29% selon que l’on supprimait l’une ou l’autre des deux études favorisant cette forte hétérogénéité (réduisant alors I2 sous le seuil des 45%).

L’association restait constatée dans les analyses en sous-groupes effectuées selon le sexe, avec un risque supérieur chez les femmes par rapport aux hommes (2,06 [1,68-2,53] vs 1,46 [1,32-1,62]). L’ajustement selon de multiples facteurs de confusion potentiels n’a pas modifié la significativité statistique des associations.