Et si l’intelligence artificielle (IA) permettait aux cliniciens d’identifier plus précocement le risque de DT2…

  • Khan SR & al.
  • Diabetologia
  • 8 févr. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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Que sait-on sur ce sujet ?

Certaines données indiquent que jusqu’à 50% des femmes qui développent un diabète gestationnel (DG) évoluent vers un diabète de type 2 (DT2) dans les 5 à 10 ans1,2. Chez ces femmes, le diagnostic de DT2 se fait généralement avant l’âge de 40 ans, donc bien plus tôt que dans la population générale. Comme tout individu porteur d'un DT2, elles sont alors exposées à un sur-risque d’événement cardiovasculaire, de stéatopathie métabolique, de maladie rénale et de mortalité précoce. L’American Diabetes Association (ADA) recommande un dépistage de DT2 (par HGPO) dans les 6 à 12 semaines post-partum chez les femmes ayant eu un DG puis tous les 1 à 3 ans (par glycémie à jeun), cependant l’HGPO ne serait discriminantee au mieux que dans 65 à 77% des cas3-6.

Qu’apporte cette étude ?

Cette étude a été menée à partir d’une cohorte prospective cas-témoins de 140 femmes ayant eu un DG sans être porteuses de DT2 dans les 6 à 9 semaines post-partum (période d’inclusion). Parmi ces femmes, 55 ont développé un DT2 au cours du suivi de 2 ans et 85 ont servi de témoins. 

À partir d’échantillons plasmatiques, plus de 1.100 métabolites lipidiques ont été analysés. L’optimisation par Machine Learning( système d’Intelligence Artificielle réalisant des opérations complexes de manière informatisée) a révélé une « signature lipidique » spécifique à partir de sept métabolites. Cette « signature lipidique » était hautement prédictive de la physiopathologie sous-jacente de transition d’un DG vers un DT2. En effet, son pouvoir discriminant (aire sous la courbe, ASC) était de 0,92, sa sensibilité de 87% et sa spécificité de 91%.

Des analyses complémentaires sont allées plus loin, suggérant une forte association entre le risque de développer un diabète de type 2 et :

  • Une régulation à la hausse des voies métaboliques de l’acide alpha linolénique/acide linoléique (taux de faux positifs 0,002), ainsi que la biosynthèse des acides gras (taux de faux positifs 0,0005).
  • Une régulation à la baisse du métabolisme des sphingolipides (taux de faux négatifs 0,009).

Les chercheurs ont ensuite induit une diminution de la stimulation du métabolisme des sphingolipides par voie pharmaceutique chez la souris, ce qui a conduit à une amélioration significative de la réponse de l’insuline.

Quelles perspectives ?

  • Cette méthode par « signature lipidique » s’est révélée plus discriminante que les tests classiques : son développement en pratique pourrait permettre d’identifier et de prendre en charge les femmes à risque plus précocement.
  • L’expérience chez l’animal ouvre une piste de recherche vers de nouvelles cibles thérapeutiques.

Principales limitations

Il s’agit d’une étude menée sur un faible effectif, à considérer comme une étude pilote permettant d’ouvrir vers d’autres études pour confirmer et enrichir ces résultats et orientations.