Essai clinique illégal dans une abbaye : que sait-on ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités des médicaments
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Un essai clinique a été mené illégalement, sans autorisation de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), par le «Fonds Josefa» chez des patients atteints de maladies neurologiques et psychiatriques. Ce fonds de dotation, créé par les Professeurs Jean-Bernard Fourtillan et Henri Joyeux, affiche pour objectif «d’améliorer les traitements des maladies neurologiques à tous les âges et de transformer la vie des nombreuses personnes qui en sont victimes».

Dès qu’elle en a eu connaissance, l’ANSM a immédiatement entamé les démarches pour interdire cet essai clinique. Au moins 350 personnes avaient déjà participé, afin de tester des dérivés de la mélatonine sous forme de patchs cutanés. Certains patchs mixtes, délivrant 2 hormones (valentonine et 6-Méthoxy-Harmalan) étaient destinés au traitement d’affections neurologiques telles que troubles du sommeil, dépressions nerveuses, maladie de Parkinson, Alzheimer et maladie à corps de Lewy. D’autres patchs simples, délivrant uniquement la valentonine, étaient destinés au traitement de troubles psychotiques tels que la schizophrénie et des psychoses de toutes sortes. Une abbaye près de Poitiers était utilisée pour l’application des patchs, l’hébergement des participants et la réalisation de prises de sang.

La qualité, les effets et la tolérance des substances utilisées ne sont pas connus : un risque pour la santé des patients exposés ne peut être exclu. Les personnes ayant participé à cet essai ne doivent plus utiliser les produits testés et sont invités à consulter rapidement leur médecin traitant pour réaliser un bilan de santé et s’assurer que leur pathologie est traitée de façon adéquate. Les patchs fournis pour cet essai doivent être conservés pour d’éventuelles analyses.

La justice a été saisie et l’ANSM a demandé au Fonds Josefa d’informer immédiatement chaque participant de l’interdiction de cet essai.