ESMO 2020 — Au-delà de l’inhibition du récepteur des androgènes dans le cadre du cancer de la prostate résistant à la castration métastatique


  • Daniela Ovadia — Agenzia Zoe
  • Oncology Conference reports
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À retenir

  • Un traitement de première intention par double inhibition du récepteur des androgènes et d’AKT avec abiratérone et ipatasertib a permis d’obtenir une amélioration de la SSP radiographique (SSPr) et de l’activité antitumorale, comparativement à l’association abiratérone + placebo, chez des patients atteints d’un cancer de la prostate résistant à la castration métastatique (CPRCm) avec perte de PTEN.
  • Une toxicité accrue a été observée avec l’ajout d’ipatasertib, potentiellement gérable avec des mesures prophylactiques.

Pourquoi est-ce important ?

  • Les patients atteints d’un CPRCm avec perte de PTEN constituent un sous-groupe ayant un pronostic défavorable.

Méthodologie

  • Étude randomisée de phase III menée en double aveugle (IPATential150).
  • 1 101 patients asymptomatiques ou légèrement symptomatiques atteints d’un CPRCm préalablement non traité.
  • Randomisation : ipatasertib (400 mg/jour) + abiratérone (1 000 mg/jour) + prednisone (5 mg 2 fois par jour) (n = 547), ou placebo + abiratérone + prednisone (n = 554).
  • Critères d’évaluation coprincipaux : SSPr évaluée par l’investigateur dans l’ensemble de la population en intention de traiter (Intention-To-Treat, ITT) et dans la population présentant une perte de PTEN (évaluée par immunohistochimie [IHC] ; perte de PTEN dans au moins 50 % des cellules tumorales).
  • Les critères d’évaluation secondaires incluaient : SG, progression du PSA, taux de réponse du PSA, délai jusqu’à la progression de la douleur, délai jusqu’à l’instauration d’une chimiothérapie, taux de réponse objective (TRO), SSPr dans la population présentant une perte de PTEN (évaluée par séquençage de nouvelle génération [SNG]).
  • Financement : F. Hoffmann-La Roche, Ltd.

Principaux résultats

  • Durée de suivi médiane : 19 mois.
  • SSPr médiane chez les patients présentant une perte de PTEN évaluée par IHC : 18,5 mois avec l’ipatasertib, contre 16,5 mois avec le placebo.
    • Rapport de risque (RR) : 0,77 ; P = 0,0335.
  • SSPr médiane dans la population ITT : 19,2 mois avec l’ipatasertib, contre 16,6 mois avec le placebo.
    • RR : 0,84 ; P = 0,0431.
  • Amélioration du délai jusqu’à la progression du PSA, de la réponse du PSA, et TRO plus élevé.
  • Les données pour la SG et les autres critères d’évaluation secondaires ne sont pas arrivées à maturité.
  • Événements indésirables :
    • Graves : 40 % avec l’ipatasertib, contre 23 % avec le placebo.
    • Entraînant un arrêt du traitement : 21 % avec l’ipatasertib, contre 5 % avec le placebo.

Commentaire d’expert

Henrik Grönberg, professeur d’épidémiologie du cancer, au Karolinska Institutet, en Suède, a déclaré : « Je pense qu’il s’agit de données très prometteuses, en particulier dans le groupe défini par SNG. Nous disposons désormais d’outils permettant de mieux évaluer les biomarqueurs, et les résultats de cette étude suggèrent que le SNG est très probablement plus efficace pour définir la perte de PTEN ».

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