ESMO 2019 — Controverse — Faut-il réduire le traitement des patients atteints d’un cancer de l’oropharynx HPV+ ?


  • Michael Simm
  • Oncology Conference reports
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À retenir

  • Les délégués ont voté deux fois sur la nécessité de réduire ou non le traitement du cancer de l’oropharynx (COP) HPV+, au début d’une séance de controverse et après que deux experts ont présenté leur point de vue.

Résumé

  • Les deux intervenants ont conclu que des essais cliniques positifs sont nécessaires avant de procéder à la réduction du traitement.
  • Hisham Mehanna était, de son propre aveu, un « pro » de la réduction du traitement depuis 10 ans. Après 3 études récentes, il a complètement changé d’avis.
  • Lors du premier vote, 43,6 % des délégués ont déclaré être favorables à une réduction du traitement dans le cadre du COP HPV+, tandis que 29,5 % se sont dits contre.
  • Lors du deuxième vote, les opinions avaient changé avec 21,8 % de votes « pour » et 67,3 % de « contre ».

Oui, le traitement doit être réduit — Christian Simon, Lausanne, Suisse

  • Les taux de toxicité tardive observés dans les essais pivots n’ont cessé d’augmenter au cours des 25 dernières années, en passant d’environ 18 % à près de 50 %.
  • La toxicité de grade 3 pour l’œsophage est exclusivement liée aux liquides, ce qui peut néanmoins entraîner des douleurs à la déglutition et nécessiter une dilatation.
  • Le taux de décès sans lien avec le cancer était de 36 % avec la radiochimiothérapie contre 18 % avec la radiothérapie jusqu’en 2012 (Forastiere et al. Journal of Clinical Oncology, 2013).
  • L’incidence de la pneumonie de déglutition continue d’augmenter pendant au moins 10 ans après le traitement et atteint plus de 30 % chez les patients âgés de plus de 75 ans (Xu et al., Cancer, 2015).
  • Éviter la dysphagie est la deuxième priorité pour les patients (Ramaekers et al. Oral Oncology, 2011).
  • Qualification : La réduction du traitement ne convient pas à tous les patients et ne devra être appliquée qu’une fois les essais terminés.

Non, le traitement ne doit pas être réduit — Hisham Mehanna, Birmingham, Royaume-Uni

  • Le taux de survie à 3 ans pour le COP HPV+ à faible risque est de 93 %, « et ce taux a un prix ».
  • Il n’existe pas d’alternative thérapeutique (au cisplatine et à la radiothérapie) donnant une survie similaire avec une toxicité inférieure.
  • Les patients ne sont pas prêts à accepter une réduction de traitement au détriment de la survie. 37 % n’accepteraient absolument aucune baisse de la survie. Si la réduction de la survie était de 5 % ou moins avec la radiothérapie seule, 69 % préfèreraient choisir une radiochimiothérapie (Brotherston et al. Head Neck, 2012).
  • Le remplacement du cisplatine par le cétuximab n’a pas fonctionné et a entraîné une survie globale moins bonne. La différence absolue après 2 ans était de 23,8 % (Mehanna et al. Lancet, 2018).
  • Les résultats de l’essai de phase II NRG-HN002 sur le cancer de l’oropharynx locorégionalement avancé, positif pour la protéine p16, et non associé au tabagisme, viennent de tomber et ne permettent pas de démontrer la non-infériorité lorsque la radiothérapie était administrée sans cisplatine (Yom S et al., réunion de l’ASTRO 2019).