ESMO 2018 – Les patients atteints de cancer de l'oropharynx positif au VPH doivent être traités par chimio-radiothérapie et non par association du cétuximab à la radiothérapie


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À retenir

  • Les patients atteints de cancer épidermoïde de l'oropharynx HPV+ (OPSCC) traités en associant le cisplatine à la radiothérapie présentent une toxicité similaire à celle des patients traités par le cétuximab, mais une meilleure survie globale et moins de récidives du cancer.
  • La chimio-radiothérapie à base de cisplatine demeure la norme de soins pour les cancers de stade III-IVa.

Pourquoi est-ce important ?

  • Les patients OPSCC VPH+ peuvent survivre pendant 30 à 40 ans après une chimio-radiothérapie à base de cisplatine, mais le traitement induit des effets secondaires permanents (xérostomie, déglutition difficile et perte du sens gustatif).
  • Les patients incapables de tolérer la chimiothérapie reçoivent un inhibiteur de l'EGFR, le cétuximab, et une radiothérapie.

Méthodologie

  • Étude multicentrique, randomisée et contrôlée évaluant des patients atteints d'OPSCC HPV+ à bas risque, randomisés pour recevoir une radiothérapie et du cisplatine (n=166) ou du cétuximab (n=168).
  • Les critères évalués étaient le nombre total d'événements de toxicité graves (grades 3-5), la survie globale (SG) et la QdV.

Principaux résultats

  • Au cours de cette étude de deux ans, 10 récidives et 6 décès sont survenus sous cisplatine contre 29 récidives et 20 décès sous cétuximab.
  • Les patients sous cisplatine présentaient une SG à deux ans significativement supérieure (97,5 %) à celle observée sous cétuximab (89,4 % ; P=0,001).
  • Les taux de récidive étaient de 16,1 % avec le cétuximab et de 6,0 % avec le cisplatine (P=0,0007).
  • Aucune différence n'a été observée entre les groupes en matière d'effets secondaires ou d'événements de toxicité aiguë ou sévère tardive (grade 3–5).
  • Un nombre notablement plus élevé d'événements indésirables graves, comme des affections rénales et hématologiques, ont été observés sous cisplatine en comparaison du cétuximab.

Limitations

  • Les prédicteurs moléculaires pour une réponse au cétuximab n'étaient pas identifiés avant la phase d'enrôlement.
  • Les critères d'efficacité sont secondaires.
  • La taille de l'échantillon et les calculs de puissance font défaut.

Financement

  • Cancer Research, R.-U.

Commentaire d’expert

« Ces résultats sont conformes aux résultats intermédiaires de l'étude RTOG 1016 menée par l'US-NCI. Nous avons deux études qui montrent que ces patients ne doivent pas recevoir du cétuximab. Les prochaines recherches devront examiner dans quelle mesure le génotypage du variant KRAS pourrait permettre de sélectionner un groupe de patients susceptibles de tirer un bénéfice du cétuximab. » Amanda Psyrri, Chief of Medical Oncology and Assistant Professor of Medicine, National Kapodistrian University of Athens Medical School.