ESMO 2018 – Le vécu diffère-t-il entre hommes et femmes atteints de cancer œsophagogastrique concernant l'efficacité ou la toxicité de la chimiothérapie ?


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À retenir

  • Les hommes et les femmes atteints de cancer œsophagogastrique (OG) ont des effets indésirables liés à la chimiothérapie différents.

 

Pourquoi est-ce important ?

  • Le sexe influe sur la variabilité inter-patient du métabolisme des produits de chimiothérapie et du rapport dose-réponse, ce qui pourrait avoir un impact à la fois sur l'efficacité et sur la toxicité.
  • Un protocole de chimiothérapie intégrant trois médicaments (APF) est une option classique dans le cancer OG avancé, mais la toxicité doit être envisagée de manière différente chez les hommes et les femmes.

 

Méthodologie

  • Les données de patients inclus dans quatre essais contrôlés randomisés (ECR) multicentriques menés par l'institut national du cancer (NCRI) britannique et portant sur le traitement de première intention du cancer OG avancé ont été regroupées.
  • Les données démographiques, les résultats ainsi que la prévalence de la toxicité tous grades confondus et de grade ≥ 3 ont été comparés par sexe.
  • Les événements indésirables et les taux de réponse ont été comparés au moyen du test du khi-deux ; les résultats de survie, par le test de Mantel-Haenszel.

 

Principaux résultats

  • 89,3 % des femmes (n = 326) vs 78,3 % des hommes (n = 1 328) ont eu des nausées et des vomissements (p 
  • 53,8 % des femmes, contre 46,9 % des hommes, ont souffert de diarrhée (p = 0,027), de stomatite (49,5 % vs 40,7 %, p = 0,004) et d'alopécie (81,4 % vs 74,3 %, p = 0,009).
  • 49,3 % des patients de sexe masculin ont souffert de neuropathie périphérique, contre 42,6 % des femmes (p = 0,03).
  • Aucune différence significative n'a été observée en matière de survie. Le taux de réponse global (TRG) était plus élevé chez les hommes, mais n'a pas atteint le seuil de signification (46,6 % vs 40,4 %, p = 0,051).

 

Limitations

Aucun mécanisme sous-jacent connu n'explique ces résultats.

 

Financement

National Institute of Health.

 

Commentaire d’expert

« Les différences de réaction au traitement entre hommes et femmes sont connues. Personne n'étant en mesure d'expliquer l'existence de ces différences, elles étaient souvent écartées, car considérées comme un artéfact statistique. Les tendances mises en évidence par cette étude seraient passées inaperçues en pratique clinique. Grâce au grand nombre de patients inclus, cette analyse a pu identifier des différences statistiquement significatives entre les sexes. Nous devons maintenant nous interroger sur leurs conséquences et comprendre les causes sous-jacentes. » Michel Ducreux, Chef du service d'oncologie digestive à l'Institut Gustave Roussy, Villejuif, France.