ESMO 2018 – Le néoadjuvant erlotinib est-il prêt à entrer sur le devant de la scène dans le cancer bronchique non à petites cellules à un stade précoce avec mutations ?


  • Cristina Ferrario — Agenzia Zoe
  • Oncology Conference reports
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À retenir

  • D'après les résultats de l'étude CTONG 1103, le néoadjuvant/adjuvant erlotinib (E) améliore le taux de réponse objective (TRO) et prolonge significativement la survie sans progression (SSP) chez les patients atteints de cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) de stade IIIA-N2 avec mutations du récepteur du facteur de croissance épidermique (EGFRm) par comparaison à l'association gemcitabine plus cisplatine (GC).

Pourquoi est-ce important ?

  • Les stratégies actuelles de traitement pour le CBNPC de stade IIIA-N2 EGFRm réséqué sont controversées.

Principaux résultats

  • Le TRO était plus élevé avec le néoadjuvant E (54,1 %) qu'avec l'association GC (34,3 % ; OR 2,26 ; p = 0,092).
  • La SSP médiane était significativement plus longue avec l'E (21,5 mois) qu'avec l'association GC (11,9 mois ; HR 0,42 ; p = 0,003), alors que les résultats de survie globale (SG) n'étaient pas encore exploitables.
  • Le traitement néoadjuvant par E a amélioré la quasi-totalité des critères d'évaluation secondaires, bien que le seuil de signification n'ait pas été atteint : régression du stade ganglionnaire (13 % sous E contre 4,2 % sous GC) et réponse pathologique majeure (10,7 % contre 0 %).
  • Aucun événement indésirable inattendu n'est apparu.

Méthodologie

  • 72 patients atteints de cancer de stade N2 ont été inclus dans la population en intention de traiter (ITT) de cet essai randomisé en ouvert qui comparait l'E et la chimiothérapie à base de cisplatine dans le traitement néoadjuvant/adjuvant des patients atteints de CBNPC de stade IIIA-N2 EGFRm.
  • Les patients ont été randomisés dans le groupe E pour 42 jours de traitement néoadjuvant puis 12 mois de traitement après la chirurgie ou dans le groupe GC pour 2 cycles de chimiothérapie néoadjuvante suivis de 2 cycles après exérèse complète.
  • Le critère d'évaluation principal était le TRO.
  • Les critères d'évaluation secondaires incluaient la SSP, la SG, les taux de régression du stade ganglionnaire, la réponse pathologique complète (RPC), l'innocuité et la tolérabilité.

Financement

Roche China (entre autres).

Limitations

  • Différentes méthodologies de stadification ont été utilisées, ce qui pourrait avoir introduit un biais.

Commentaire d’expert

« Cette étude suggère qu'un inhibiteur de tyrosine kinase (ITK) de l'EGFR pourrait jouer un rôle en tant que traitement néoadjuvant dans cette situation, mais de nombreux points restent à éclaircir avant que ce traitement entre sur le devant de la scène. » Suresh Ramalingam, sous-directeur de l'Institut du cancer Winship, Université Emory, Atlanta, Géorgie (États-Unis).