ESMO 2018 – 4 réponses complètes sur 7 dans la première étude sur le traitement néoadjuvant par ipilimumab plus nivolumab dans le cancer du côlon avec déficience du système de réparation des mésappariements


  • Michael Simm
  • Oncology Conference reports
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À retenir

  • L'immunothérapie à base d'ipilimumab et de nivolumab chez les patients atteints de cancer colorectal précoce avec dMMR (déficience de réparation des mésappariements) est sûre et réalisable dans le contexte d'un traitement néoadjuvant.
  • Sur les 7 patients dMMR évalués, tous ont présenté une réponse pathologique majeure et 4 une réponse complète.

Pourquoi est-ce important ?

  • Environ 15 % de tous les cancers primitifs du côlon (CRC) présentent une déficience du système de réparation des mésappariements (dMMR).
  • Le blocage de la protéine de mort cellulaire programmée de type 1 (PD-1) et de CTLA-4 a déjà démontré un bénéfice clinique chez des patients atteints de dMMR avancé. Cela a maintenant été étudié dans le contexte du traitement néoadjuvant en cas de dMMR précoce, ainsi que chez les patients atteints de CRC dont le système MMR est fonctionnel (proficient, pMMR).

Principaux résultats

  • Le traitement était bien toléré et tous les patients ont été soumis à une intervention chirurgicale préalablement programmée avec résection radicale sans délai.
  • Chez les patients dMMR, 7 réponses pathologiques majeures sur 7 (≤10 % de cellules tumorales viables) ont été obtenues dont 4 réponses complètes. Quatre de ces tumeurs dMMR présentaient le stade clinique IIIB/C avant l'instauration du traitement.
  • Aucune réponse pathologique majeure n'a été observée chez les patients présentant des tumeurs pMMR.
  • Les deux groupes de patients ont présenté des augmentations significatives de l'infiltration des lymphocytes T, en particulier des cellules CD8+ (modification d'un facteur 4,8 dans le contexte dMMR ; d'un facteur 2,4 dans le contexte pMMR).
  • Les signatures IFNᵧ ont permis de distinguer les répondeurs des non-répondeurs.

Méthodologie

  • 14 patients présentant un cancer du côlon résécable, de stade précoce (7 avec dMMR et 8 avec pMMR ; 1 patient ayant 2 tumeurs) ont reçu 1 mg/kg d'ipilimumab le jour 1 et 3 mg/kg de nivolumab les jours 1 et 15, l'intervention chirurgicale étant prévue au plus tard dans les 6 semaines suivantes.
  • Les critères d'éligibilité comprenaient le diagnostic de cancer du côlon confirmé au plan histologique (à l'exclusion du cancer rectal), l'absence de métastases à distance et l'absence de signes de perforation ou d'obstruction intestinale clinique.

Limitations

  • Les investigateurs reconnaissent qu'il s'agit de résultats précoces sur la réponse pathologique, obtenus uniquement auprès d'un petit nombre de patients. Ils affirment également que cela justifie une confirmation indépendante dans le cadre d'études de plus grande ampleur.

Déclaration d'expert

« Il s'agit là d'une réponse pathologique absolument spectaculaire et probablement l'un des rapports les plus importants de cette réunion. » George Coukos, Ludwig Institute for Cancer Research, Epalinges, Suisse.

Financement

Aucun.