ESHRE : Une fausse couche après le premier cycle d’AMP est un élément encourageant pour la suite

  • Dr Roseline Péluchon

  • JIM Actualités des congrès
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Quand un couple infertile fait l'expérience d'une fausse-couche précoce à la suite d'un premier traitement d'aide à la procréation, il est généralement admis qu'il s'agit d'un élément prédictif positif pour une future grossesse. Le couple peut concevoir, ce serait donc plutôt bon signe. Mais les premiers travaux sur le sujet sont parfois contradictoires. Ainsi, une étude chinoise concernant plus de 12 000 patientes ne trouvait aucune différence dans les chances de grossesse future entre les femmes ayant fait une fausse couche précoce lors d'une première tentative et celles chez qui la tentative avait d'emblée échoué. En revanche, une étude réalisée au Royaume-Uni sur 112 000 patientes montrait que la fausse couche précoce à la première tentative était un facteur prédictif positif pour une grossesse lors des 2 tentatives suivantes.

Pour en savoir un peu plus, une équipe danoise a mené une étude de cohorte portant sur près de 33 000 patientes au cours de leurs 2 premiers cycles de traitement d'aide à la procréation. Les données s'échelonnaient entre 1994 et 2012. Étaient incluses les inséminations intra-utérines et les autres techniques d'aide médicale à la procréation. Les dons d'embryons étaient exclus. Une fausse couche était définie comme un dosage de β-hCG positif ne menant pas à une naissance.

L'issue du premier traitement permettait de constituer 3 groupes : pas de grossesse (groupe 1 ; 81,4 %), fausse-couche (groupe 2 ; 9,4 %) et naissance (groupe 3 ; 9,2 %). Les résultats confirment l'hypothèse de la valeur prédictive positive d'une première fausse-couche. En effet, au cours du second traitement, seulement 17,3 % des patientes du groupe 1 obtiennent une naissance, contre 22,7 % du groupe 2 et 23,8 % du groupe 3. Une récidive de fausse couche chez le même couple (groupe 2), au cours de la 2ème tentative, survient dans 11,7 % des cas, alors qu'une première fausse-couche survient chez 8,6 % des couples du groupe 1 lors de la 2ème tentative.

Les auteurs précisent que les résultats ne peuvent pas être expliqués par l'âge des patientes. Ils estiment en revanche que ces données peuvent être utiles au cours des entretiens menés avec les couples qui vivent une fausse-couche après une première tentative.