ESHRE : Le diabète, facteur de risque d’hypofertilité chez l’homme

  • Dr Roseline Péluchon

  • JIM Actualités des congrès
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La prévalence du diabète et de l'intolérance au glucose augmente partout dans le monde. Le diabète est connu pour altérer les fonctions sexuelles masculines et les fonctions endocrines, et pourrait donc avoir aussi indirectement un impact sur la spermatogenèse. Pour en savoir un peu plus sur l'existence d'un lien entre les anomalies du contrôle glycémique et les paramètres du sperme ou la fécondité, une équipe israélienne a réalisé une étude cas-témoin rétrospective sur les données de patients consultant pour infertilité. Plus de 7 000 analyses spermatiques ont été réalisées, concernant 3 724 patients.

Les patients diabétiques (n = 336) sont sensiblement plus âgés que les non diabétiques, et plus souvent fumeurs que ceux présentant une intolérance au glucose (n = 276) ou ceux en bonne santé (n = 6 679) (47,6 %, 36,6 % et 45,1 % respectivement). Ils ont aussi un taux initial de FSH nettement supérieur. L'indice de masse corporelle des patients atteints de diabète ou d'intolérance au glucose est supérieur à celui des patients en bonne santé (28,8, 29,4 et 25,9 respectivement).

En ce qui concerne l'analyse spermatique, les faibles volumes de sperme sont plus fréquents dans le groupe des diabétiques que dans les autres groupes (24,1 % vs 18,1 % et 15,3 %). L'asthénospermie est elle aussi plus fréquente (40,2 %, 39,1 % et 34,2 %), ainsi que la tératospermie (65,7 %, 51,5 % et 25,9 %).

Après prise en compte des facteurs confondants (âge, IMC, tabagisme), le diabète apparaît comme un facteur indépendant de faible volume séminal (OR [odds ratio] = 1,57 ; intervalle de confiance à 95 % de 1,18 à 2,1). En revanche, ce lien n'est pas retrouvé avec l'intolérance au glucose (0,96 ; 0,67 à 1,37). C'est aussi le cas pour la tératospermie, pour laquelle le diabète semble être un facteur de risque (1,68. 1,23 à 2,27), mais pas l'intolérance au glucose (0,96 ; 0,7 à 1,32).

Le diabète, qui est déjà associé à de nombreuses pathologies, s'avère donc ici un facteur de risque d'hypofertilité pour l'homme. Cela suggère que le dosage de la glycémie devrait faire systématiquement partie de la première consultation de bilan d'infertilité.