ESC : Quelle valeur pronostique du volume des plaques d’athérome coronaire ?

  • Dr Philippe Tellier

  • JIM Actualités des congrès
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Le scanner coronaire avec injection de produit de contraste permet de visualiser de manière invasive les plaques et les sténoses artérielles. Leur nombre, leur étendue, leurs caractéristiques morphologiques et leur volume sont autant de variables qui peuvent influer sur le pronostic de la maladie coronaire.

Certains algorithmes sophistiqués permettent de quantifier de manière automatique le volume des plaques d'athérome coronaire (VPAC) à partir des données de l'angioscanner.

Quelle est la valeur pronostique de cette variable aisément mesurable ? C'est à cette question que répond une étude de cohorte prospective réalisée en Allemagne, dans laquelle ont été inclus 1 577 patients qui ont tous été explorés au moyen de la technique précédente à des fins diagnostiques. La valeur prédictive du VPAC quant au risque d'évènements cardiovasculaires majeurs (ECVM) à long terme a été estimée comparativement à celle du score calcique mesuré au cours du coroscanner. Le critère de jugement primaire a combiné de facto les décès d'origine cardiaque et les syndromes coronaires aigus survenus au cours d'un suivi moyen de 10,4 années. C'est la valeur pronostique incrémentale des deux variables précédentes qui a été prise en compte au travers de la statistique C et de l'index dit NRI (net reclassification improvement). Le profil de risque clinique des participants, pour sa part, a été évalué au moyen du score de Morise.

Au total, ont été dénombrés 59 ECVM au terme du suivi, dont 36 décès d'origine cardiaque, 18 infarctus du myocarde non létaux et 5 cas d'angor instable nécessitant une revascularisation myocardique. La valeur prédictive additionnelle du VPAC et du score calcique a été évaluée comparativement à un modèle de référence intégrant le score clinique et le nombre de segments coronaires pathologiques.

Le VPAC a amélioré de manière significative à la fois la statistique C (la valeur de l'index atteignant 0,763 ; p = 0,01) et le NRI (avec une valeur de 0,247 ; p = 0,03). Le score calcique n'a eu aucun effet significatif sur ces deux paramètres statistiques. La valeur seuil de 110,5 mm³ pour le VPAC est celle qui permet d'estimer au mieux le risque cardiovasculaire encouru à long terme.

La quantification automatique du VPAC à partir des nombreuses données morphologiques de l'angioscanner coronaire semble donner accès à une information pronostique importante. Encore faut-il confirmer ces résultats encourageants par d'autres études de cohorte prospectives: tout algorithme automatique doit être examiné de près en imagerie comme dans bien d'autres domaines.