ESC : High STEACS, du bon usage de la troponine haute sensibilité

  • Dr Jean-Claude Lemaire et Dr Eric Tison

  • JIM Actualités des congrès
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

L'étude High STEACS a évalué l'impact du passage à la troponine haute sensibilité (Ths) dans la prise en charge des syndromes coronariens aigus.

Cette étude a été menée dans une dizaine de centres couvrant environ les deux tiers de la population écossaise avec comme objectifs de comparer ce nouveau dosage au dosage classique de la troponine en termes de reclassification des patients et d'évaluer à partir des dossiers électroniques des patients son impact sur la prise en charge. Le critère principal d'évaluation était le cumul des infarctus et décès cardio-vasculaires à 1 an.

Les quelques 48 000 sujets évalués ont été répartis en un groupe non pathologique (non élévation de la T classique), un groupe pathologique (dosage classique anormal) et un groupe reclassifié (dosage classique normal mais Ths élevée). Ce groupe reclassifié représente 17 % des patients du groupe pathologique (plus volontiers des femmes âgées) et ils présentent un risque de survenue du critère principal de 15 %, ce qui est un peu moindre que le risque du groupe pathologique (19 %), mais nettement plus que le risque du groupe non pathologique (2 %).

Malgré leur reclassification, peu de ces patients ont reçu un traitement invasif ou médicamenteux, ce qui est mis sur le compte de l'incertitude des praticiens sur la conduite à tenir et de l'état physiologique de ces patients qui sont dans plus de 3 cas sur 4 des femmes âgées.

Sachant que l'augmentation de la sensibilité d'un dosage va de pair avec une baisse de la spécificité, on est en droit de se demander si plus qu'un taux isolé dichotomique, ce ne serait pas plutôt les variations du taux, combinées aux données cliniques, qui devraient guider la prise en charge des patients.

Bonne question !