ESC : FAST-MI: diabète et infarctus ne font pas bon ménage

  • Dr Jean-Claude Lemaire

  • JIM Actualités des congrès
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Le registre FAST-MI (Observatoire Français des Syndromes coronaires Aigus) est constitué à partir des données d'enquêtes nationales françaises menées entre 2005 et 2015 et concernant 12 660 patients hospitalisés pour infarctus. Dans le cadre du travail présenté lors du congrès annuel de l'European Society of Cardiology (ESC 2019), les investigateurs ont cherché à savoir si les quelque 25 % de diabétiques (n = 3 114) étaient plus à risque d'insuffisance cardiaque que les non-diabétiques pendant le séjour hospitalier et au cours de l'année suivante. Par ailleurs, chez les diabétiques, ils ont comparé la mortalité sur cinq ans des patients réadmis pour insuffisance cardiaque non mortelle au cours de l'année suivant leur infarctus et des patients n'ayant pas développé d'insuffisance cardiaque.

Les résultats présentés indiquent que 32 % des diabétiques ont développé une insuffisance cardiaque lors de leur hospitalisation pour infarctus versus 17 % des non-diabétiques. Après ajustement prenant en compte les autres facteurs pouvant causer une insuffisance cardiaque, il s'avère que les diabétiques présentent un risque d'insuffisance cardiaque majoré de 56 % par rapport aux non-diabétiques.

Sur l'ensemble des patients ayant survécu à leur infarctus, il a été constaté 5,1% d'hospitalisations pour insuffisance cardiaque non fatale au cours de l'année suivant l'infarctus chez les diabétiques versus 1,8 % chez les non-diabétiques. Après ajustement, ces données aboutissent à un risque d'insuffisance cardiaque l'année suivant l'infarctus qui est majoré de 44 % pour les diabétiques.

Enfin, parmi les diabétiques en vie un an après leur infarctus, 56 % des patients ayant été hospitalisés pour insuffisance cardiaque au cours de cette première année sont décédés au cours des quatre années suivantes versus 21 % des patients sans insuffisance cardiaque. Après ajustement, cela représente un risque de mortalité sur cinq ans majoré de 73 % chez les patients ayant une insuffisance cardiaque. L'accroissement du risque était particulièrement marqué chez les diabétiques traités par insuline.

Au total, ce travail montre que le diabète est une pathologie fréquente, qu'il est associé à un risque considérablement accru d'insuffisance cardiaque en post-infarctus et que les patients diabétiques qui développent une insuffisance cardiaque ont un risque de décès augmenté.