ESC : Diabète et acides gras oméga 3 : les enseignements d'ASCEND

  • Dr Jean-Claude Lemaire et Dr Eric Tison

  • JIM Actualités des congrès
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Grâce à une randomisation en carré latin, l'étude ASCEND a permis d'étudier simultanément l'influence de l'aspirine et des acides gras oméga 3 sur la santé cardiovasculaires de 15 480 diabétiques (âge moyen de 63 ans, dont 63 % d'hommes) ayant un diabète de type 2 dans 94 % des cas (ancienneté moyenne de 7 ans, HbA1c 7,2%) et sans pathologie cardio-vasculaire initiale.

Pour ce qui concerne les acides gras oméga 3, les patients étaient randomisés vers un bras acides gras oméga 3 administrés à raison d'1g/j (n = 7 740) ou vers un bras placebo (n = 7 740). Le critère principal d'évaluation était la somme des décès cardio-vasculaires, des infarctus et des AVC/AIT.

Dans le cadre d'un suivi moyen de 7,4 ans et d'une compliance en cours d'étude de 77 %, les résultats ne retrouvent pas de rôle protecteur significatif de la prise d'acides gras oméga 3 par rapport au placebo, ni sur le plan du critère principal (incidences respectives de 8,9 versus 9,2 ; HR = 0,97 ; p = 0,55), ni sur les composants pris isolément : infarctus (2,4 % versus 2,6 %), AVC (2,8 % versus 2,8 %), AIT (2,4 % versus 2,3 %) et décès cardiovasculaires (2,4 % versus 2,9 %). Contrairement à ce qui a été observé avec l'aspirine, la prise d'acide gras oméga 3 s'accompagne d'une plus grande incidence des revascularisations : 4,8 % versus 4,6 %.

Les résultats sont identiques dans tous les sous-groupes testés et il y a fort à parier que le demi point de gain en termes de décès cardiovasculaires soit le fait du hasard et la résultante des analyses statistiques multiples

Rien de particulier en termes de sécurité d'emploi, il n'a en particulier pas été observé de signal délétère sur les différents types de cancers, ni sur le risque hémorragique chez ces patients qui étaient également randomisés pour recevoir de l'aspirine.

Au total, une étude clairement négative, mais refroidira-t-elle l'enthousiasme des utilisateurs ? Pas si sur quand on sait que 19 millions d'américains se supplémentent en acides gras oméga 3 et que le marché mondial annuel de ces produits est de 31 milliards de dollars. Six études cliniques sont encore en cours sur le sujet.