ESC : Bientôt un traitement pour maigrir sans risque ?

  • Dr Jean-Claude Lemaire et Dr Eric Tison

  • JIM Actualités des congrès
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Compte tenu des problèmes précédemment rencontrés avec certains anorexigènes, la FDA demande désormais une démonstration de l'innocuité de ce type de traitements comme c'est le cas pour les antidiabétiques. Et, c'est dans ce cadre que se situe l'étude CAMELLIA TIMI 61 qui a évalué l'efficacité, et surtout la sécurité d'emploi, de la lorcasérine, un agoniste sélectif du récepteur central à la sérotonine 5HT2C, chez les patients obèses.

Cette étude a concerné 12 000 sujets (âge moyen de 64 ans dont 64 % d'hommes), en surpoids ou obèses (IMC moyen de 35), ayant déjà une atteinte cardio-vasculaire établie (75 %) et présentant des complications cardio-vasculaires, un diabète (57 %) et/ou d'autres facteurs de risque additionnels. Tous étaient soumis à un régime diététique et pratiquaient des activités physiques. Les participants ont été randomisés vers un bras lorcasérine (10 mg x 2/j) ou un placebo.

La médiane de suivi est de 3,3 ans et le critère principal d'évaluation est la somme des décès cardio-vasculaires, des infarctus et des AVC.

La compliance au traitement a été bonne et il a été observé une perte de poids supplémentaire de 2,8 kg dans le bras lorcasérine par rapport au bras contrôle placebo. Cette perte de poids s'est accompagnée d'une diminution modeste de la TA systolique, de la fréquence cardiaque, des triglycérides et de l'HbA1c.

Les résultats attestent d'une sécurité d'emploi de type placebo-like avec une survenue similaire dans les bras lorcasérine et placebo du critère principal d'évaluation composite (respectivement 2,0 % versus 2,1 % ; HR [Hazard Ratio] = 0,99 ; p versus 0,47 % ; HR = 1,04), infarctus (1,2 % versus 1,3 % ; HR = 0,99) et AVC (0,46 % versus 0,54 % ; HR = 0,86). Il n'y a pas non plus d'incidence accrue de diabète (3,1 % versus 3,8 % ; HR = 0,81), ni de signal suspect en termes d'effets secondaires, en particulier pas de problème valvulaire ou d'hypertension artérielle pulmonaire dans un sous-groupe suivi par échographie cardiaque. On notera toutefois que, bien que non statistiquement significatives, il existe de légères différences au niveau du suivi valvulaire et de la pression artérielle pulmonaire qui sont en défaveur de la lorcasérine et qui mériteront une surveillance rapprochée lors de la commercialisation.
Au total donc, un traitement qui semble raisonnablement sûr pour favoriser la perte de poids, mais dont l'effet n'est pas spectaculaire.

A suivre.