ESC 2020 — ICFEr : l’empagliflozine réduit le risque d’hospitalisation et de décès d’origine cardiovasculaire


  • Pavankumar Kamat
  • Actualités des congrès
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À retenir

  • L’empagliflozine a réduit de manière significative le risque de décès d’origine cardiovasculaire ou d’hospitalisation pour une insuffisance cardiaque chez des patients atteints d’une insuffisance cardiaque chronique avec fraction d’éjection réduite (ICFEr), indépendamment du statut diabétique.
  • L’empagliflozine était également associée à un déclin plus lent de la fonction rénale.

Pourquoi est-ce important ?

  • La réduction de 25 % du risque de décès d’origine cardiovasculaire ou d’hospitalisation pour une insuffisance cardiaque observée avec l’empagliflozine est comparable à celle rapportée avec la dapagliflozine dans le cadre de l’essai DAPA-HF.

Méthodologie

  • Essai EMPEROR-Reduced : des patients atteints d’une insuffisance cardiaque de classe II, III ou IV avec une fraction d’éjection inférieure ou égale à 40 %, avec ou sans diabète, ont été affectés de manière aléatoire pour recevoir de l’empagliflozine à raison de 10 mg 1 fois par jour (n = 1 863) ou un placebo (n = 1 867).
  • Le critère d’évaluation principal était un critère composite regroupant le décès d’origine cardiovasculaire ou l’hospitalisation pour une insuffisance cardiaque.
  • Financement : Boehringer Ingelheim ; Eli Lilly.

Principaux résultats

  • Au cours d’un suivi médian de 16 mois, le critère d’évaluation principal a été rempli par 19,4 % des patients du groupe empagliflozine, contre 24,7 % des patients du groupe placebo (rapport de risque [RR] : 0,75 ; IC à 95 % : 0,65–0,86).
  • L’effet de l’empagliflozine sur le critère d’évaluation principal était cohérent chez les patients :
    • diabétiques : RR de 0,72 (IC à 95 % : 0,60–0,87) ; et 
    • non diabétiques : RR de 0,78 (IC à 95 % : 0,64–0,97).
  • Le nombre total d’hospitalisations pour une insuffisance cardiaque était plus faible dans le groupe empagliflozine que dans le groupe placebo (RR : 0,70 ; IC à 95 % : 0,58–0,85).
  • Dans le groupe empagliflozine, le déclin annuel du débit de filtration glomérulaire estimé était plus lent que dans le groupe placebo (-0,55, contre -2,28 ml/minute/1,73 m2 de surface corporelle/an ; P 
  • Des résultats indésirables rénaux sont survenus chez 30 patients du groupe empagliflozine et 58 patients du groupe placebo (RR : 0,50 ; IC à 95 % : 0,32–0,77).
  • Les infections des voies génito-urinaires non compliquées étaient plus fréquentes dans le groupe empagliflozine que dans le groupe placebo.

Commentaire d’expert
Le Dr Milton Packer, investigateur principal de l’étude, a déclaré : « Les résultats combinés des essais EMPEROR-Reduced et DAPA-HF établissent désormais qu’une inhibition du cotransporteur sodium-glucose de type 2 (sodium-glucose cotransporter 2, SGLT2) par l’empagliflozine et la dapagliflozine est le nouveau pilier du traitement de l’insuffisance cardiaque. Les trois autres piliers sont les inhibiteurs de la néprilysine–du récepteur de l’angiotensine, les bêtabloquants et les antagonistes des récepteurs des minéralocorticoïdes. Les patients atteints d’une ICFEr doivent recevoir ces quatre catégories de médicaments. »