Éradication du cancer col de l’utérus : la France a 20 ans de retard !


  • Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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En 2013, le cancer du col de l’utérus concernait 3.000 femmes en France, et était responsable de 1.100 décès. La survie de ce cancer à 5 ans reste médiocre (66%) dans notre pays. Ce cancer est dû à plusieurs types de Papillomavirus humain(HPV). Depuis les années 60, période d’introduction du frottis cervico-utérin, l’incidence du cancer a diminué de près de 40%. Mais depuis 2005, cette tendance a subi un net ralentissement. Parmi les explications, le faible taux de frottis réalisés par les 25-65 ans arriverait en tête. En effet, bien que les estimations soient difficiles à réaliser, 35% des femmes de cette tranche d’âge n’auraient pas recours à un dépistage individualisé du virus HPV.

Que disent les recommandations ?

La vaccination des jeunes filles à partir de 11 ans, la réalisation d’un frottis cervico-utérin tous les 3 ans chez les femmes de 25 à 65 ans, ou la recherche des virus HPV oncogènes tous les 5 ans constituent les trois moyens complémentaires d’agir contre le cancer du col de l’utérus. Selon l’Académie Nationale de Médecine, « leur association pourrait aboutir à une quasi-éradication de ce type de cancer ».

Un programme national de dépistage organisé du cancer du col utérin - en cours de déploiement par l’INCa - est l’une des mesures clés du Plan cancer 2014-2019. 

Quelles sont les solutions ?

L’objectif à terme avec le dépistage organisé est de pouvoir toucher toutes les femmes qui ne réalisent pas cet examen de contrôle, soit environ 5 à 6 millions de femmes. Les classes défavorisées sont celles qui participent le moins à ce dépistage.

Plusieurs pistes d’amélioration sont identifiées par l’Académie Nationale de Médecine :

  • Élargir le cadre des professionnels habilités à réaliser ce test (sages-femmes, infirmières).
  • Favoriser l’utilisation d’auto-test de détection du virus HPV (à réaliser tous les 5 ans). Celui-ci n’est cependant efficace qu’à partir de 35 ans (avant sa positivité est trop importante). Plus onéreux, plus sensible, mais moins spécifique que le frottis, il doit donc être complété par un frottis ou une colposcopie en cas de positivité.
  • Augmenter la couverture vaccinale en France qui est la plus basse d’Europe (elle variait en 2016 entre 10% et 35%). Les bénéfices de cette vaccination sont jugés par l’Agence Nationale de Santé des médicaments et des produits de santé (ANSM) et par l’Assurance Maladie comme largement plus importants que les éventuels risques. L’Académie Nationale de Médecine propose de rediscuter la vaccination contre HPV chez les garçons.
  • Renforcer les informations sur le virus HPV comme cause de cancer et sur la vaccination dans le programme de l’éducation nationale.