Épilepsie focale : Données d’efficacité à long terme du cénobamate

  • Sperling MR & al.
  • Epilepsia

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Messages principaux

  • Dans une étude de phase 3, des patients adultes présentant des crises épileptiques focales pharmacorésistantes ont vu leur traitement habituel associé au cénobamate ou à un placebo : le suivi en ouvert à long terme montre que l’efficacité du nouvel antiépileptique, démontré par ailleurs à court terme, est maintenue après 30 mois médian d’exposition.

  • Aucun signal supplémentaire en matière de tolérance ou de sécurité n’a émergé au cours du suivi.

 

Près de deux adultes sur 5 souffrant d’épilepsie présentent périodiquement des crises pharmacorésistantes. Le cénobamate est un nouvel antiépileptique qui vient d’être enregistré au niveau européen dans la prise en charge des crises focales résistant à un traitement de 1 à 3 médicaments. Les données des études pivots ont montré que l’ajout du cénobamate 200-400 mg conduisait à une réduction de 55% de la fréquence des crises à 12 semaines contre 24% sous placebo. Une étude ouverte a été menée auprès des patients appartenant à plusieurs des centres ayant participé aux essais de phase 3.

Méthodologie

L’étude post hoc dont les résultats sont présentés ici a été conduite en ouvert auprès de 240 patients issus de 12 centres hospitaliers américains ayant participé à l’étude pivot initiale. Les patients inclus étaient des sujets de 18 à 70 ans ayant eu au moins une crise d’épilepsie dans les 13 mois précédant l’inclusion, malgré un traitement bien conduit avec 1 à 3 traitements antiépileptiques. L’étude initiale avait comparé l’efficacité à 12 semaines de l’adjonction d’un placebo ou de cénobamate instauré selon une posologie progressive (12,5 mg/j pendant 2 semaines, augmenté par paliers de 50 mg toutes les 2 semaines jusqu’à la dose cible recommandée de 200 mg/j, et si nécessaire, jusqu’à 400 mg/j maximum). Le suivi médical régulier avait été conduit durant toute l’étude de phase 3 puis tous les 1 à 3 mois durant la période ouverte du suivi.

Principaux résultats

Le suivi des 240 patients (âge moyen 41,8 ans, 43,8% de femmes, durée médiane de traitement 30,2 mois) a montré qu’à la fin du suivi, 73,8% d’entre eux étaient toujours sous cénobamate et que 58,3% recevaient des posologies supérieures à 200 mg/j.

Le taux de patients ayant une diminution d’au moins 50% du nombre de crise était de 71,7%, sans influence observable de la nature du traitement concomitant. Cette diminution était déjà de 48,1% quatre semaines après  initiation, soit sous une posologie entre 12,5 et 25 mg/j.

Sur toute la durée du suivi, une réduction de la fréquence des crises de 75, 90 et 100% a été atteinte respectivement par 57,5%, 40,2% et 13,1% des patients. Parallèlement, ils ont été 36,3% à avoir connu une période de rémission d’au moins 12 mois au cours de cette période.

Sur le plan de la tolérance, les principaux évènements indésirables (EI) étaient de nature centrale (vertiges, somnolence, fatigue), comme décrit dans les études à court terme. Les principaux EI graves liés au traitement étaient la survenue de crises d’épilepsie (2,9%).

Financement

Cette étude a été sponsorisée par SK Life Science.