Épilepsie débutante des enfants et des adultes : recommandations de la HAS

  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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La HAS a rédigé de nouvelles recommandations afin de répondre à la demande de plusieurs associations et sociétés savantes (SFNP, LFCE, EFAPPE, CPNLF) dans l’objectif de préciser les bonnes pratiques relatives à la prise en charge initiale et le suivi des patients ayant une épilepsie débutante et préciser celle des comorbidités psychiatriques de ces mêmes patients. Elles s’adressent aux praticiens de soins primaires et professionnels de niveau 2 et s’inscrivent dans la suite des recommandations de Prise en charge d’une première crise d’épilepsie de l’adulte de la Société française de neurologie, émises en 2014.

Démarche diagnostique initiale

La HAS rappelle que le diagnostic clinique repose sur un faisceau d’arguments anamnestiques (antécédents, circonstances, description de l’épisode ou vidéo réalisée par un témoin). Quelques examens biologiques sont systématiquement préconisés à titre étiologique (glycémie capillaire, ionogramme sanguin, calcémie). L’EEG standard (avec vidéo) est indiqué le plus rapidement possible (idéalement 24 heures) pour étayer un éventuel diagnostic d’épilepsie après la survenue de tout malaise évocateur d’une première crise d’épilepsie, sauf contexte clinique particulier. L’IRM est également indiquée dans le premier mois, sauf cas particulier. Un ECG peut être utile dans certaines situations et un examen neuropsychologique nécessaire pour rechercher d’éventuels troubles invalidants associés à l’épilepsie. Une fois le diagnostic confirmé, le texte de la HAS précise les modalités d’annonce au patient et celles de l’information à lui délivrer une fois le diagnostic établi.

Prise en charge des épilepsies

Il est recommandé d’initier un traitement antiépileptique après la deuxième crise en cas de symptômes invalidants ou à risque, mais il peut être prescrit après la première crise dans un certain nombre de situations (déficit neurologique et/ou trouble du neurodéveloppement, anomalies structurelles à l’imagerie cérébrale, activité épileptique confirmée à l’EEG hors épilepsies focales typiques liées à l’âge de l’enfant, crises nocturnes, risque de récidive jugé inacceptable).

La stratégie doit être individualisée et repose schématiquement sur une monothérapie, ou une bithérapie après échec de deux premières lignes de monothérapie. La tolérance et l’efficacité sont pris en considération dans la décision thérapeutique initiale et les ajustements. Le patient doit être adressé à un centre expert en cas d’échec de deux schémas thérapeutiques antiépileptiques bien conduits et bien tolérés (monothérapie ou polythérapie), ou si l’épilepsie est susceptible d’être accessible à un traitement chirurgical ou si elle est associée à une maladie rare avérée ou suspectée. Le texte précise les molécules et schémas préconisés selon la nature de l’épilepsie et l’âge du patient, ainsi que les approches non pharmacologiques qui doivent y être associées.

Il précise enfin les différents troubles psychiatriques et troubles du neurodéveloppement qui sont le plus souvent associés à l’épilepsie, les modalités et outils de leur diagnostic et les principes et partenaires de leur prise en charge.

Enfin, le document propose deux focus : le premier concerne les spécificités relatives aux sujets âgés, le second est relatif aux femmes en âge de procréer. Concernant ces dernières, le texte fait le point sur les modalités de la contraception, l’influence de la grossesse sur l’épilepsie (et inversement), l’influence de l’épilepsie sur l’accouchement et l’adaptation du traitement antiépileptique en amont et au cours de la grossesse. Un document de synthèse spécifique a été établi parallèlement par la HAS afin de résumer ces informations.