Epidémie de varicelle en France : où en est-on ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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A retenir :

  • La France métropolitaine est actuellement touchée par une épidémie de varicelle : 22 cas pour 100 000 habitants, 7 foyers régionaux avec une activité forte ou modérée
  • La varicelle est généralement bénigne mais peut entraîner de graves complications à l’âge adulte, en cas d’immunodépression ou chez la femme enceinte
  • La vaccination généralisée des enfants n’est pas recommandée
  • Seules les personnes les plus à risque de complications sont concernées par cette vaccination 

 

La France métropolitaine est actuellement touchée par une épidémie de varicelle : la semaine dernière (du 10 au 16 juin 2019), le taux d'incidence des cas vus en consultation de médecine générale a été estimé à 22 pour 100 000 habitants.

Sept foyers régionaux sont observés :

  • Activité forte en Occitanie (60 cas pour 100 000 habitants) et Bourgogne-Franche-Comté (41 cas),
  • Activité modérée en Corse (32 cas pour 100 000 habitants), Hauts-de-France (25 cas), Grand Est (24 cas), Provence-Alpes-Côte d'Azur (21 cas) et Nouvelle-Aquitaine (20 cas).

Les choses semblent cependant s’améliorer par rapport à la semaine précédente (du 3 au 9 juin) où le taux d'incidence des cas de varicelle vus en consultation de médecine générale était estimé à 34 pour 100 000 habitants et 12 foyers régionaux étaient observés.

Doit-on avoir peur de la varicelle ?

La varicelle est une maladie très fréquente chez l’enfant : dans l’immense majorité des cas, elle est bénigne. Cependant, de graves complications (notamment surinfection cutanée, pneumonie et méningo-encéphalite) peuvent apparaître chez les personnes immunodéprimées ou lorsque la maladie est contractée à l’âge adulte.

La varicelle doit également être redoutée chez les femmes enceintes :

  • En cas de contamination de la mère au cours des quatre premiers mois de grossesse, le virus peut être responsable de malformations congénitales chez le fœtus.
  • En cas de varicelle au moment de l’accouchement, le nouveau-né peut développer une varicelle grave à la naissance.

Qui vacciner ?

En France, la vaccination généralisée des enfants contre la varicelle n’est pas recommandée. Seules les personnes les plus à risque de complications sont concernées par la vaccination :

  • Adolescents de 12 à 18 ans n’ayant pas eu la varicelle dans l’enfance,
  • Femmes en âge de procréer ou après une première grossesse sans antécédent clinique de varicelle,
  • Enfants en attente d’une greffe d’organe,
  • Toute personne non immunisée en contact étroit avec des personnes immunodéprimées.

La vaccination est également recommandée chez les personnes non immunisées travaillant en contact avec la petite enfance et chez les professionnels de santé, notamment dans les services accueillant des sujets à risque de varicelle grave.

Attention : la vaccination contre la varicelle est contre-indiquée pendant la grossesse et une grossesse doit être évitée dans le mois suivant la vaccination.

Le schéma vaccinal comprend 2 doses espacées de 4 à 8 semaines ou de 6 à 10 semaines, selon le vaccin utilisé.

Que faire en cas de contact avec un cas de varicelle ?

La vaccination est recommandée dans les 3 jours suivant un contact avec un cas de varicelle ou de zona, pour toute personne immunocompétente de plus de 12 ans (à l’exclusion des femmes enceintes) sans antécédent de varicelle ou de vaccination. Les personnes à risque de varicelle grave ayant une contre indication à la vaccination (immunodéprimées, femmes enceintes) doivent bénéficier d’une prophylaxie par l’administration d’immunoglobulines spécifiques.