Epaule douloureuse : qu’apporte l’écho ?

  • Dr Roseline Péluchon

  • JIM Actualités médicales
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L'épaule douloureuse est un motif fréquent de consultation en médecine générale. Le diagnostic étiologique précis en est parfois difficile, l'historique de la douleur et l'examen clinique n'étant pas toujours en adéquation avec la pathologie sous-jacente. Pour préciser le diagnostic, les praticiens ont souvent recours à l'imagerie précoce, notamment l'échographie. Le diagnostic le plus fréquent est celui de pathologie sous-acromiale, qu'il s'agisse de bursite, tendinite, fissuration ou rupture tendineuse.

L'échographie apporte-t-elle un réel bénéfice dans la prise en charge du patient ? Préciser la pathologie sous-acromiale permet-il d'adapter le traitement spécifiquement à chacun des sous-groupes et cela assure-t-il une récupération plus rapide ?

Ce sont les questions que pose une étude récente randomisée, incluant 111 patients consultant pour une douleur de l'épaule évoluant depuis plus de 3 mois et pour laquelle la clinique fait suspecter une pathologie sous-acromiale. Les uns (n = 56) bénéficiaient d'un traitement « sur mesure », défini à partir des données de l'échographie : infiltration sous-acromiale de cortisone en cas de bursite ou de tendinite calcifiante, kinésithérapie en cas de tendinopathie ou de fissuration tendineuse, avis chirurgical en cas de rupture transfixiante. Les autres (n = 55), dont le résultat de l'échographie n'était pas divulgué, bénéficiaient de la prise en charge habituelle par étapes successives en fonction de l'évolution, avec donc antalgiques d'abord, infiltration de cortisone et kinésithérapie ensuite selon l'intensité des douleurs et la limitation des mouvements et enfin avis spécialisé en cas d'échec du traitement.

Pas de différence significative, un an après

Un an après le début de la prise en charge, le traitement guidé par l'échographie ne semble pas améliorer la prise en charge. En effet, si 72,5 % des patients du 1er groupe et 60 % du 2ème groupe ont récupéré, cette différence n'est pas statistiquement significative (Odds Ratio [OR] 2,24 ; intervalle de confiance à 95 % 0,72 à 6,89). Il n'existe pas non plus de différence significative sur le recours aux soins médicaux dans l'un ou l'autre groupe.

Les auteurs concluent que, devant une suspicion de conflit sous-acromial, une échographie de l'épaule ne se justifie pas à titre systématique en début d'évolution. Ils estiment que cette étude ne permet pas de recommander une révision des recommandations existantes.