Enzymes pancréatiques chez les sujets souffrant de cancer du pancréas : quand et quel impact ?

  • Barkin JA & al.
  • Pancreas
  • 1 juil. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

L’une des complications du cancer du pancréas est l’insuffisance pancréatique exocrine. Les résultats d’une étude menée sur 262 sujets montrent que dans 65% des cas, les enzymes pancréatiques seraient prescrites au cours des repas et collation. Cette pratique serait respectée par 66% des patients. Les sujets qui prenaient leur traitement au cours du repas plutôt qu’en dehors avaient un soulagement plus important de leurs symptômes notamment une moindre sensation d’indigestion, des selles moins souvent orangées ou moins de particules alimentaires dans les selles. Il est donc important de rappeler les conditions optimales de prise des enzymes pancréatiques de substitution et de s’assurer de la bonne observance de ce protocole par le patient.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Il n’existe pas de directives spécifiques sur la posologie et l’administration des enzymes de substitution pancréatiques dans ce contexte, le réseau PanCAN (Pancreatic Cancer Action Network) a proposé que tous les patients qui présentent des signes évidents ou une suspicion d’insuffisance en enzymes pancréatiques soient traités par 72.000 unités de lipases par repas et 36.000 unités de lipases par collation, à ajuster en fonction des symptômes cliniques, de la stéatorrhée et de la teneur en graisses du repas.

Méthodologie

Les patients du Réseau PanCAN ont été invités à répondre à un questionnaire sur leur expérience des enzymes de substitution pancréatiques. 

Principaux résultats

Au total, 262 sujets ont répondu au questionnaire (âge moyen 61 ans). 77% avaient un adénocarcinome, 7% une tumeur neuroendocrine et 4% un autre type de cancer. Sur l’ensemble de la population évaluée, 26% avaient une maladie résécable, 31% une maladie borderline résécable, 14% un cancer localement avancé et 26% un cancer métastatique. 

  • Dans 65% des cas (n=136), les enzymes pancréatiques étaient prescrites lors des repas ou collations et 66% (n=89) de ceux qui étaient observants les prenaient bien dans ces conditions. 
  • Dans 45% des cas, les enzymes de substitution pancréatiques étaient prescrites par un oncologue, dans 25% des cas par un chirurgien, dans 17% par un gastroentérologue et dans 15% par un autre professionnel de santé.
  • Les patients qui ont déclaré prendre leurs enzymes pancréatiques de substitution durant un repas avaient un soulagement plus important de leurs symptômes par rapport à ceux qui les prenaient avant ou après les repas.
  • Les patients qui prenaient les enzymes de substitution pancréatiques durant les repas étaient plus particulièrement soulagés de leurs sensations d’indigestion (p=0,003), présentaient moins de selles pâles ou orangées (p=0,04) et moins de particules alimentaires dans les selles (p=0,05) que ceux qui les prenaient en dehors des repas.
  • Les patients qui prenaient des enzymes de substitution pancréatiques durant le repas avaient plus tendance à prendre du poids que les autres.