Entérobactéries productrices de carbapénémases (EPC) : quelle saisonnalité ?


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  • Les épisodes impliquant des entérobactéries productrices de carbapénémases (EPC) surviennent essentiellement à l’automne et leur nombre est minimal en février. Par ailleurs, il existe des tendances distinctes entre les cas importés et non importés, que ce soit au cours de l’année ou en termes de multiplication des cas.

 

Depuis une vingtaine d’années, les épisodes impliquant des entérobactéries productrices de carbapénémases (EPC) sont régulièrement recensés en France, et constituent un véritable enjeu de santé publique. Si le suivi épidémiologique de ces cas est régulièrement publié, les données concernant la saisonnalité des épisodes à EPC est mal connue. Une équipe française propose une analyse de série temporelle sur les 10 dernières années à partir des données issues du système RAISIN. La période de 2010 à 2016 a été analysée afin de modéliser les tendances sur la période 2017-2020, avec une analyse différenciée des cas importés, non importés et de l’ensemble des deux.

Septembre et octobre, principale période à risque

Ainsi, 3.559 épisodes d’infection à EPC ont été recensés entre 2010 et 2016 en France, dont 1.935 cas non importés (54,4%) et 75,4% liés à un mécanisme de résistance OXA-48.

Globalement, l’analyse de la saisonnalité montre que le nombre d'épisodes signalés est maximal en automne et minimal au début de l’année calendaire. Ainsi, le nombre d'épisodes est environ 30% plus élevé en septembre et octobre par rapport à la tendance moyenne. À l’inverse, elle est inférieure de 20% en février. Par ailleurs, la saisonnalité des cas importés survient un mois en moyenne avant les cas non importés (respectivement septembre et octobre).

La modélisation permet de prédire une augmentation des chiffres avec un pic passant de 177 épisodes au mois de septembre 2017 à 345 épisodes pour le mois de septembre 2020.

Les auteurs soulignent que la consommation des carbapénèmes ne peut expliquer la tendance à la hausse des nombres de cas. Concernant le décalage entre les cas importés et non importés, les auteurs évoquent pour les premiers, une importation possiblement liée aux voyages estivaux des français, le décalage d’un mois pour les cas non importés pouvant être lié à des cas découlant des premiers. Ces hypothèses devront être vérifiées. Par ailleurs, la croissance du nombre d’épisodes non importés étant plus rapide que celle des cas importés, il est possible que la propagation communautaire ou  hospitalière interrégionale des infections à EPC aient augmenté.