Endométriose : l’ovariectomie bilatérale est-elle une solution intéressante ?

  • Gosset A & al.
  • Maturitas

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Pour la première fois, une étude a exploré la qualité de vie de femmes ayant subi une ovariectomie bilatérale avant 45 ans, dans un contexte d’endométriose profonde infiltrante, et recevant ou non un traitement hormonal substitutif (THS). 

À retenir

  • L’ovariectomie bilatérale avant 45 ans offre une amélioration des symptômes de l’endométriose profonde infiltrante chez près de 9 femmes sur 10.
  • Cependant, elle est associée à une mauvaise qualité de vie globale, en particulier du fait de la présence de symptômes vasomoteurs et d’une sexualité altérée.
  • La prise d’un traitement hormonal substitutif (THS) de la ménopause (systémique ou local) n’apporterait pas d’amélioration.

Quel intérêt pour votre pratique ?

L’endométriose concerne 6 à 10% des femmes en âge de procréer. Si l’ovariectomie bilatérale améliore les symptômes en lien avec l’endométriose, elle a des répercussions importantes dans tous les domaines de la vie des patientes. Elle nécessite donc une prise en charge individualisée par des médecins spécialisés pour un suivi optimisé.

Méthodologie

L’hôpital universitaire de Toulouse, ainsi que plusieurs centres privés de chirurgie toulousains ont participé à cette étude transversale qui a inclus des femmes ayant bénéficié d’une ovariectomie bilatérale pour endométriose profonde infiltrante. Les patientes ont répondu à un questionnaire de qualité de vie en lien avec la ménopause (Menopausal Quality of Life questionnaire - MenQOL). Cet auto-questionnaire MenQOL à 29 items a permis d’évaluer les symptômes en lien avec la ménopause durant le dernier mois autour de 4 domaines (vasomoteur, psychologique, physique et sexuel, classés de manière binaire présent oui/non et en cas de présence, catégorisé de 1 à 6 (1 pas d’inconfort), 6 (inconfort extrême). Le score moyen de MenQOL a été mesuré en fonction de l’âge de l’intervention chirurgicale, du statut tabagique, de l’indice de masse corporel (IMC), du niveau d’éducation, du délai entre la chirurgie et l’étude et de la prise ou non d’un traitement hormonal substitutif de la ménopause. 

Principaux résultats

Au global, 52 femmes ayant eu une ovariectomie bilatérale (en une ou plusieurs interventions) pour endométriose profonde infiltrante ont été incluses dans les analyses.

L’ovariectomie bilatérale a été réalisée chez 44% des femmes avant l’âge de 40 ans. Après ovariectomie, 52% des femmes ont reçu un THS (4 seulement ont reçu une combinaison estroprogestative, toutes les autres uniquement des oestrogènes seuls – principalement sous forme transcutanée ou patch).

L’évaluation globale des symptômes liés à l’endométriose par la patiente (mesurés sur une échelle en 7 points, de 1 : vraiment beaucoup mieux à 7 vraiment beaucoup moins bien) a montré que 54% des femmes ont rapporté se sentir « vraiment beaucoup mieux » après la chirurgie et 32,7% « beaucoup mieux ». Parmi les autres, 2% ont déclaré se sentir « un peu moins bien » et 11,5% « un peu mieux » ou ne pas percevoir de changement.

Le score moyen MenQOL était de 3,96 avec des sous-scores allant de 3,41 à 4,77, les cotations les plus importantes ayant été obtenues pour le domaine sexualité (4,77) et vasomoteur (4,01).

Globalement, 81% des femmes évoquaient un manque de désir sexuel, 75% une sécheresse vaginale. Concernant le domaine vasomoteur, 71% se plaignaient de bouffées de chaleur. Un sentiment de dépression était évoqué par 67% des femmes et une fatigue par 79%.

Les femmes ayant eu une ovariectomie bilatérale avant 40 ans avaient une qualité de vie plus altérée que les autres (MenQOL moyen 4,1 versus 3,8). L’indice de masse corporelle (IMC) et le tabagisme étaient significativement et indépendamment associés à un score total moyen MenQOL plus élevé.

Aucune différence significative n’a été mise en évidence ni sur le score MenQOL total, ni sur les sous-domaines en fonction de la prise ou non d’un THS.