ENDO 2021 — L’exposition in utero au caproate d’hydroxyprogestérone est associée à un risque accru de cancer à l’âge adulte

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À retenir

  • Un fœtus exposé au caproate d’hydroxyprogestérone (17-OHPC) in utero pourrait présenter un risque accru de développer un cancer, en particulier un cancer colorectal et de la prostate, plus tard au cours de la vie.

Pourquoi est-ce important ?

  • On dispose déjà de données probantes solides concernant la perturbation endocrinienne chez le fœtus provoquée par des hormones synthétiques, ce qui peut entraîner le développement d’un cancer plus tard au cours de sa vie.
  • Le 17-OHPC est un progestatif synthétique commercialisé pour la première fois au milieu des années 1950 pour le traitement des femmes enceintes présentant un risque de fausse couche récurrente ou de menace de fausse couche.

Méthodologie

  • Les chercheurs ont évalué le risque de cancer chez des adultes descendants de mères ayant reçu du 17-OHPC pendant la grossesse, comparativement à d’autres dont les mères n’en avaient pas reçu. 
  • Les mères étaient des participantes aux Études sur la santé et le développement de l’enfant et avaient fait l’objet de soins prénatals entre 1959 et 1967.
  • Le registre du cancer de Californie (California Cancer Registry) a été utilisé pour identifier les diagnostics de cancer chez les descendants adultes (18–58 ans) jusqu’en 2018.
  • Financement : aucun financement n’a été communiqué.

Principaux résultats

  • Dans l’ensemble, 954 diagnostics de cancer ont été identifiés sur 18 751 naissances viables.
  • 1 % des mères avaient reçu du 17-OHPC au début de la grossesse, les indications les plus fréquentes étant la menace d’avortement spontané (54 %), l’amnionite (9,4 %) et l’insuffisance cervicale (3 %).
  • L’exposition in utero au 17-OHPC était plus fréquente chez les descendants adultes atteints d’un cancer (1,9 %) que chez ceux sans cancer (0,9 %).
  • 18 cas de cancer ont été diagnostiqués à l’âge adulte chez les descendants exposés au 17-OHPC : 3 cas de cancer colorectal, 2 cas de mélanome, 2 cas de cancer du sein et 2 cas de cancer de la prostate.
  • Le risque de cancer, quel qu’il soit, était plus de 2 fois plus élevé chez les descendants adultes exposés au 17-OHPC que chez ceux qui n’avaient pas été exposés (rapport de cotes [RC] : 2,08 ; IC à 95 % : 1,27–3,40).
  • L’augmentation du risque de cancer était principalement attribuable au cancer colorectal (RC : 4,78 ; IC à 95 % : 1,49-15,41) et au cancer de la prostate (RC : 3,83 ; IC à 95 % : 0,93-15,83).

Limites

  • Les intervalles de confiance peuvent être importants en raison du faible nombre de diagnostics de cancer.

Commentaire d’expert

  • L’auteure principale, Caitlin Murphy, PhD et titulaire d’un master en santé publique, a déclaré dans un communiqué de presse : « Il convient de faire preuve de prudence concernant l’utilisation d’OHPC et d’autres médicaments à activité endocrine en début de grossesse. »