Encéphalite à tiques : la France se distingue dans le panorama européen

  • Beauté J & al.
  • Euro Surveill
  • 1 nov. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Le taux de notification des cas d’encéphalite à tiques est resté globalement stable en Europe entre 2012 et 2016, selon l’évaluation du Centre européen de prévention et contrôle des maladies (CEPCM), avec un total de 12.500 cas, soit 0,41 à 0,65/100.000 personnes selon les années. Deux remarques doivent cependant être formulées : la première concerne la Lituanie et la République Tchèque, qui comptabilisent à elles deux près de 40% de tous les cas rapportés sur la période. La seconde concerne la France qui, avec la Finlande, est le seul pays à avoir une forte augmentation du nombre de cas. Les auteurs de l’étude invitent à investiguer les raisons de cette évolution. Ils rappellent également que le réchauffement climatique devrait modifier la répartition géographique du risque, qui se concentrera sur les régions de plus haute latitude et de plus haute altitude.

  • Plusieurs chiffres méritent parallèlement d’être évoqués : le faible taux de létalité global, qui semble néanmoins significatif pour les plus âgés, le faible taux de cas importés et enfin, le taux de sujets a priori vaccinés, pour lesquels le nombre de doses n’avait pas été suffisant pour procurer une protection vaccinale.

Méthodologie

Depuis 2012, les 28 pays de l’Union Européenne associés à l’Islande et la Norvège doivent notifier annuellement les cas d’encéphalite à tiques au CEPCM, ce qui permet de mener des comparaisons nationales et géographiques et de mettre en lumière les pays dans lesquels les messages de prévention ou la prophylaxie doivent être adaptés.

Principaux résultats

  • Durant la période 2012-2016, 23 pays ont notifié 12.500 cas, dont 1,3% étaient importés, et 93,3% ont eu lieu entre mai et octobre. Parmi eux, 93% avaient été confirmés biologiquement (séroconversion, IgG et IgM spécifiques dans le sang, IgM dans le LCR, détection du virus dans un prélèvement), tandis que les autres cas étaient probables (IgM spécifiques dans le sang). Dix-huit pays avaient un taux de cas confirmé supérieur à 90%, la France faisant partie des 5 pays situés au-dessous de ce chiffre (81,8%).

  • Près de 2 cas sur 5 ont été notifiés dans 2 pays (République Tchèque et Lituanie) alors qu’ils ne rassemblent à eux deux que 2,7% de la population européenne incluse dans cette surveillance.

  • Le taux annuel global de notification est resté stable entre 2012 et 2016, compris entre 0,41 et 0,65/100.000 selon les années Seuls 3 pays ont connu des évolutions significatives : la Finlande (+14,4% par an), la France (+77,3% par an) et la Hongrie (-24,5% par an).

  • 16 pays avaient un chiffre inférieur à 1 cas/100.000 habitants, 3 pays de l’Est (Lituanie, Lettonie, Estonie) avaient des chiffres bien supérieurs (respectivement 15,6, 9,5 et 8,7/100.000).

  • Sur le plan démographique, le sexe ratio hommes-femmes était de 3:2. Le taux de notification augmentait avec l’âge pour atteindre 0,80/100.000 personnes âgées de 60-69 ans, puis il diminuait.

  • Globalement, 94,9% des notifications pour lesquelles on disposait de l’information ont nécessité une hospitalisation : 0,5% sont décédés (3,1% et 2,0% chez les plus de 80 ans ou chez les 70-79 ans respectivement) et le taux de séquelles neurologiques était de 2,5%.

  • Enfin, 97,3% des cas notifiés pour lesquels on disposait de l’information n’étaient pas vaccinés, tandis que 1,2% avaient reçu 1 ou 2 doses et 1,2% avaient reçu 3 doses ou plus.