Encephale : Devrons-nous doser la CRP en routine chez nos patients déprimés ?

  • Dr Dominique-Jean Bouilliez

  • JIM Actualités des congrès
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Les études épidémiologiques ont clairement démontré un rapport entre taux de CRP élevé et risque de survenue d'une dépression. Elles ont aussi montré que les patients dépressifs ont un taux médian de CRP plus élevé que dans la population générale. Dans le même ordre d'idée, une étude récente a montré que 16 à 32 % de la population déprimée a un taux de CRP > 3mg/dl. Cette même étude a montré qu'il s'agit préférentiellement de patients âgés, stressés (ayant subi des événements traumatiques précoces), sédentaires, tabagiques et ayant de mauvaises habitudes alimentaires, ce que présentent très fréquemment les patients déprimés. Mais ces patients ont aussi très souvent des comorbidités inflammatoires chroniques ou auto-immunes (polyarthrite rhumatoïde, sclérose en plaques), métaboliques (obésité, diabète) ou cardio-vasculaires. Par ailleurs, le phénotype des patients déprimés avec syndrome inflammatoire est assez particulier et marqué par une aboulie (faible intérêt social, fatigue, troubles du sommeil, perte d'appétit ou l'inverse), difficultés de concentration (un symptôme d'autant plus prégnant que le taux de CRP est plus élevé). Il existe par ailleurs un rapport inverse entre taux de CRP et taux d'IL-6 d'une part et vitesse d'exécution d'autre part, traduisant ainsi un ralentissement moteur. Ces marqueurs inflammatoires sont également augmentés au niveau du liquide céphalorachidien, indiquant ainsi une atteinte inflammatoire centrale.
Neurotoxicité de l'inflammation



Des conséquences thérapeutiques