Encéphale 2021 - Olivier Véran veut « jeter les bases d’une réforme profonde en santé mentale »

  • Anne-Gaëlle Moulun

  • Actualités des congrès par Medscape
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Paris, France.-- « Je veux réaffirmer dans le contexte sanitaire actuel l’enjeu prioritaire de la santé mentale », a souligné Olivier Véran, ministre de la Santé, lors de son intervention au congrès de l’Encéphale le 21 janvier. « La dimension psychologique de cette crise est aussi importante que sa dimension somatique », a-t-il insisté. Alors que le président de la République, Emmanuel Macron, vient d’annoncer avant l’été l’organisation d’Assises de la santé mentale.

Concernant la feuille de route santé mentale et psychiatrie initiée il y a deux ans et demi, Olivier Véran note que « la crise sanitaire a retardé certains chantiers mais a été un accélérateur pour d’autres ». Il cite par exemple le dispositif de rappel de personnes ayant fait une tentative de suicide, qui a déjà été déployé dans douze régions métropolitaines et deux régions d’Outre-mer. « En 2020, nous avons alloué 60 millions d’euros supplémentaires en santé mentale. Nous reconduisons cette année l’appel à projets de psychiatrie », annonce-t-il. Il ajoute que 160 postes de psychologues ont été créés dans les centres médico-psychologiques.

« Nous avons également mis en place un numéro national de prévention du suicide », précise-t-il.

Réforme du financement de la psychiatrie 

Concernant la réforme du financement de la psychiatrie, elle devrait intervenir au 1er janvier 2022.

« Afin d’améliorer le repérage précoce en santé mentale, nous allons financer à hauteur de 12 millions d’euros pendant trois ans des psychologues au sein des maisons de santé pluriprofessionnelles. De plus, la prise en charge des consultations de psychologue pour les enfants sera accessible dès 2022 », annonce le ministre de la Santé.

Au sujet des projets territoriaux de santé mentale, il indique que « le Ségur de la santé a prévu un poste de coordonateur pour chacun des 104 projets territoriaux ».

Il insiste également sur la nécessité de respecter les droits des personnes en situation de handicap psychique, notamment en encadrant mieux les pratiques d’isolement et de contention en psychiatrie. « Un plan d’accompagnement est prévu, avec des mesures de formation et de recrutement, et 15 millions d’euros à la clé pour aider chaque établissement à se conformer à cette nouvelle réglementation », détaille Olivier Véran.

Trois orientations majeures 

Mais, « nous devons aller plus loin. Nous devons jeter les bases d’une réforme profonde », estime-t-il. Pour cela, il a cité trois orientations majeures.

  • Diversifier la formation et l’information en santé mentale ;

  • Renforcer l'offre d'accompagnement et de prévention pour les jeunes ;

  • Renforcer la mobilisation autour des objectifs de santé mentale et rendre plus visibles les actions de la politique de santé mentale.

Diversifier la formation et l’information en santé mentale 

« Il faut diversifier la formation et l’information en santé mentale. Il faut définir et mettre en œuvre une stratégie de communication nationale sur le thème - la santé mentale est l’affaire de tous », a indiqué le ministre. Des dispositifs d’écoute doivent notamment être accessibles au grand public et aux professionnels de santé.

Stratégie ministérielle globale pour les jeunes 

Concernant le renforcement de l'offre d'accompagnement et de prévention pour les jeunes, le ministre a avancé plusieurs pistes.

« Nous devons donner dès le plus jeune âge les outils qui contribuent à prévenir les comportements néfastes, notamment les conduites à risques chez les jeunes. Notre objectif est de structurer d’ici cet été une stratégie ministérielle globale, avec les PMI, les établissement scolaires du premier et du second degré et les universités », développe le ministre.

Concernant les enfants, « plusieurs pédopsychiatres alertent sur la sévérité de cette crise. En complément de la stratégie des 1000 premiers jours pour les touts-petits, nous devons renforcer l’offre d’accompagnement et de dépistage pour les enfants ». Par ailleurs, d’ici la fin du premier trimestre, une feuille de route sera lancée pour travailler sur la prévention des addictions aux écrans chez les plus jeunes.

Pour les étudiants, la création de 1600 emplois étudiants référents sera prolongée jusqu’en juin. « Et nous avons créé 80 postes de psychologues et 60 postes d’assistantes sociales. En parallèle, nous poursuivons le déploiement des premiers secours en santé mentale », souligne Olivier Véran.

Mobiliser autour des objectifs de santé mentale 

Le troisième axe consiste à renforcer la mobilisation autour des objectifs de santé mentale et de rendre plus visible les actions de la politique dans ce domaine. « Nous souhaitons notamment renforcer la recherche en santé mentale et psychiatrie. Pour cela, un nouvel outil visant à inciter les établissements à lancer des programmes de recherche sur le sujet sera mis en place au premier trimestre 2021. Et un programme prioritaire de recherche en santé mentale et psychiatrie sera mis en place prochainement », annonce-t-il.

Enfin, un sommet aura lieu les 5 et 6 octobre 2021 en France et rassemblera à Paris les ministres de la Santé de différents pays sur le thème de la santé mentale.

Cet article a initialement été publié sur le site Medscape.