En France, l’association bévacizumab plus paclitaxel montre son intérêt en termes de coût efficacité

  • BMC Cancer

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

Une étude pharmacoéconomique française montre que dans le contexte d’un traitement de première ligne d’un cancer du sein HER2-négatif, l’ajout du bévacizumab au paclitaxel serait coût-efficace par rapport au paclitaxel seul et cela serait encore plus prononcé en cas de cancer du sein triple-négatif.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Chez les patientes atteintes de cancer du sein métastatique HER2-négatif, l’ajout d’un anti-VEGF en combinaison au paclitaxel fait l’objet de controverse. En Europe, le bévacizumab a reçu une AMM de la part de l’Agence Européenne du Médicament (EMA) en 2007 dans le cancer du sein métastatique en combinaison avec le paclitaxel. Les études observationnelles menées en vraie vie ont renforcé les résultats des essais cliniques sur le critère de la survie sans progression. Une étude observationnelle françaisede large envergure récemment publiée a même montré un gain significatif en termes de survie sans progression et de survie globale de l’association paclitaxel plus bevacizumab versus paclitaxel seul. Cette étude de pharmaco-économie menée par le réseau des Centres de lutte contre le cancer UNICANCER offre une analyse intégrant les spécificités françaises d’où son intérêt en pratique.

Méthodologie

Les analyses ont été réalisées en utilisant un modèle de Markov à trois niveaux et les données cliniques de 3.426 patientes avec cancer du sein métastatique HER2-négatif traitées par l’association bevacizumab plus paclitaxel ou paclitaxel seul. Les analyses ont été réalisées sur la base du tiers-payant sur une perspective de 10 ans. 

Principaux résultats

Sur la population globale, l’ajout du bévacizumab au paclitaxel a permis d’augmenter la QALY (Quality Adjusted Life Years - années de vie pondérée par l’état de santé) de 0,48 par rapport au paclitaxel seul (2,01 QALY pour le bévacizumab plus paclitaxel versus 1,52 QALY pour paclitaxel seul). Les coûts étaient globalement plus élevés dans le bras bévacizumab (54.315 euros pour l’association versus 26.925 euros pour la paclitaxel seul), soit une augmentation du ratio surcoût/efficacité (ICER pour Incremental Cost-Effectiveness ratio) de 56,721 par QALY gagnée. L’augmentation des coûts dans le groupe association était favorisée dans un premier temps par le coût du traitement par bevacizumab lui-même et par une augmentation des coûts associés à la progression de la maladie du fait d’une survie globale plus importante. 

Une analyse sur un sous-groupe de patientes triple-négatives montre que le bénéfice serait plus important avec un  ICER de 66.874 euros par QALY supplémentaire sous association versus monothérapie.

Financements

Étude financée par Roche SAS.