En cas de risque thromboembolique, il ne faut ne pas trop réduire la pression artérielle

  • Nazarzadeh M & al.
  • Cardiovasc Res

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Une large étude observationnelle confirme l’idée que le risque d’évènement thromboembolique veineux (ETEV : bolie pulmonaire ou thrombose veineuse profonde) est réduit de 7% lorsque la pression artérielle systolique (PAS) augmente de 20 mmHg, après de multiples ajustements. Cette observation est confirmée clairement par une étude de randomisation mendélienne, qui met en évidence un sur-risque d’ETEV de 20 à 30% lié à la une baisse de PAS de 20 mmHg selon la méthode statistique utilisée.

  • Aussi, le lien de causalité semble probable. Selon les auteurs, l’avantage de la réduction de la pression artérielle serait susceptible de l'emporter sur les inconvénients chez la plupart des patients, mais pourrait demander à établir des objectifs de pression artérielle de manière souple pour ceux ayant préalablement plusieurs facteurs de risque de thrombose veineuse.

Pourquoi est-ce intéressant ?

Le risque d’ETEV (embolie ou thrombose profonde) associé à certains facteurs de risque cardiovasculaire comme l’HTA est mal établi. Les différentes études observationnelles disponibles ayant évalué cette dernière association conduisent à des conclusions contradictoires. En menant une étude après randomisation mendélienne, il est possible de disposer de résultats plus robustes.

Méthodologie

Cette étude a d’abord consisté en une analyse de cohorte observationnelle à partir des données de l’étude Clinical Practice Research Datalink (CPRD), puis deux randomisations mendéliennes, l’une conduite à partir des données de la UK Biobank l’autre à partir de la méta-analyse d'association pangénomique INVENT (International Network on Venous Thrombosis). Le score de risque polygénique a été calculé à partir de 276 variants identifiés comme influençant la PAS avec une valeur d’imputabilité supérieure à 90%.

Principaux résultats

Les données observationnelles reposent sur 1,9% d’évènements thromboemboliques survenus au cours d’un suivi moyen de 9,6 ans, chez 5.588.280 sujets. Les deux tiers de ces évènements étaient des thromboses veineuses profondes. Une relation inverse est observée entre PAS et risque d’ETEV puisque chaque augmentation de 20 mmHg de PAS est associée après ajustement à une réduction du risque d’ETEV de 7% (HR 0,93 [0,92-0,94]). Les études en sous-groupes confirment les résultats pour tous les groupes d'âge, tandis que les femmes et les sujets ayant un indice de masse corporelle supérieure à 26 kg/m² avaient un risque supérieur à celui des hommes et de ceux ayant un IMC inférieur, respectivement. Ces observations sont identiques lorsque l’analyse était conduite selon la nature de l’ETEV.

Parallèlement, 2,22% d’ETEV ont été identifiés au cours des 5 années de suivi des 432.173 personnes incluses de la UK Biobank. L’analyse de ces données a également montré  que chaque augmentation de 20 mmHg de PAS génétiquement déterminée était associée à une réduction du risque d’ETEV de 31% (OR 0,69 [0,57 -0,83]). Les résultats étaient comparables pour les deux sous-types d’ETEV. Enfin, l’analyse menée à partir de la méta-analyse INVENT a confirmé l’association entre augmentation de 20 mmHg de la PAS et le risque d’ETEV (OR 0,80 [0,70-0,92]).