Élimination du VHC en Europe : où se situe votre stratégie par rapport aux stratégies efficaces ?


  • Antara Ghosh
  • Medical news
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Le virus de l’hépatite C (VHC) est la septième grande cause de décès dans le monde et reste une menace majeure pour la santé publique en Europe. Bien que le VHC continue de se propager largement, les nouveaux médicaments antiviraux et les stratégies de prévention ont rendu l’élimination du VHC possible. Une revue commandée publiée dans le Journal of Viral Hepatitis résume les éléments clés des stratégies nationales et européennes d’élimination du VHC.

Selon les auteurs, c’est au mois de février 2016 que le plus grand nombre de campagnes significatives d’élimination de la maladie en Europe ont été mises en œuvre. Le premier Sommet européen sur les politiques de lutte contre le VHC (European union HCV Policy Summit) a présenté le « Manifeste d’élimination du VHC » appelant à l’élimination du VHC en Europe d’ici 2030. Plusieurs pays d’Europe ont établi des pratiques efficaces passant par l’engagement politique, la recherche, la mise en place de politiques fondées sur des données probantes et l’accent porté sur les groupes à risque élevé :

  • France : Les directives françaises de 2016 mettaient l’accent sur une stratégie de dépistage ciblée basée sur les facteurs de risque en plus d’un dépistage basé sur la population chez toutes les personnes âgées de 18 à 59 ans.
  • Allemagne : Le Plan d’action allemand de 2013 pour l’hépatite recommandait une meilleure information pour les utilisateurs de drogues, l’utilisation de drogues avec du matériel stérile, le recrutement d’un plus grand nombre de pharmacodépendants pour le traitement et le recours à du personnel infirmier spécifiquement formé sur le VHC pour la surveillance des patients.
  • Italie : Dès 2014, l’Italie a obtenu un taux de réponse virologique soutenue > 95 % en traitant > 93 000 patients infectés, présentant principalement une infection à VHC au stade avancé, au moyen de schémas sans interféron dans des établissements hospitaliers sélectionnés.
  • Écosse : En 2015, le gouvernement écossais a lancé une politique visant à atteindre une réduction de 75 % des nouvelles présentations d’insuffisance hépatique liées au VHC entre 2015 et 2020. Selon les données préliminaires, l’Écosse progresse lentement vers la cible de 2020 et sera en très bonne position pour atteindre les objectifs.
  • Portugal : Après des échecs initiaux, le ministère de la Santé a annoncé un nouveau modèle de partage des risques pour le traitement des patients, le financement complet pour les patients et la création d’un registre central. Cet effort a réduit l’incidence du carcinome hépatocellulaire de 73 %, les transplantations hépatiques liées au VHC de 92,5 % et l’apparition de cirrhose de 93,2 %.
  • Pays-Bas : Les stratégies de réduction des risques pour les usagers de drogues par injection ont été très efficaces aux Pays-Bas, l’incidence du VHC ayant diminué pour se rapprocher de 0 depuis 1986. Les politiques actuelles se concentrent sur la mise en place d’une prévention, d’un dépistage, d’une orientation vers les soins, le traitement et le bien-être social.

Les auteurs insistent sur la nécessité d’un plus grand nombre de stratégies globales à l’échelle du système de santé et axées sur les personnes, qui mettent l’emphase sur la sensibilisation, la prévention, les soins et la collaboration conjointe des professionnels de la santé, des patients et des intervenants pour relever les défis spécifiques au VHC.