Élimination du VHC d’ici 2030 : l’élargissement de la base de prescripteurs est essentiel pour atteindre l’objectif de l’OMS en Europe


  • Antara Ghosh
  • Medical news
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En Europe, environ 15 millions de personnes ont une infection chronique par le virus de l’hépatite C (VHC). Avec les progrès réalisés dans le traitement de l’hépatite et l’arrivée des antiviraux à action directe (AAD ; taux de réponse ≥ 95 %), l’élimination mondiale du VHC pourrait être possible. L’OMS a appelé à éliminer complètement le VHC d’ici 2030, ce qui constitue la toute première stratégie mondiale du secteur de la santé portant sur l’hépatite virale. Si l’Islande, la Géorgie et l’Australie pourraient atteindre cet objectif d’ici 2030 ou même avant, la majorité des pays d’Europe pourraient ne pas y parvenir.

Le rapport Hep-CORE (Hepatitis-Community, Opinion, Recommendations, Experts,rapport Hep-CORE 2016) et le rapport du Réseau international sur l'hépatite chez les usagers de drogues (International Network on Hepatitis in Substance Users) ont évalué les obstacles à l’atteinte de l’objectif de l’OMS et au respect des recommandations dans les pays et juridictions d’Europe.

L’obstacle majeur à l’atteinte de l’objectif de l’OMS était le fait que 94 % des pays exigeaient que les AAD soient prescrits par des spécialistes. Seuls 24 % des groupes de patients interrogés ont indiqué que des non-spécialistes pouvaient prescrire des AAD. Dans deux pays seulement, les AAD pouvaient être prescrits par des généralistes, tandis que la majorité des pays (64 %) exigeaient au moins un gastro-entérologue. Dans les pays sans restrictions quant aux prescripteurs tels que l’Australie, les AAD étaient instaurés par un généraliste chez 5 à 15 % des patients.

Parmi les groupes de patients, 88 % ont signalé un certain niveau de restriction dans l’accès aux AAD. Le niveau de fibrose (72 %) et les refus du traitement aux usagers actuels de drogues injectables (48 %) étaient des restrictions majeures. L’exigence d’une fibrose de stade F2 ou plus pour le remboursement des AAD (57 %) est une autre source de préoccupation. La non-disponibilité du traitement du VHC dans les prisons (68 %) et en dehors du cadre hospitalier (80 %) constitue un obstacle majeur au traitement des patients à risque élevé.

Ces restrictions sont contraires aux recommandations de 2016 de l’EASL et devraient être réduites au minimum pour atteindre l’objectif de l’OMS. L’élargissement de la base de prescripteurs et le partenariat entre les professionnels de la santé, les organisations de patients, les décideurs politiques et l’industrie pourraient favoriser l’élimination mondiale du VHC.