ELAM02 : la leucémie myéloïde aiguë est-elle spécifique chez les très jeunes enfants ?

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  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

Des données de la littérature indiquent que les enfants de moins de 2 ans semblent constituer un sous-groupe spécifique en termes de présentations cliniques et biologiques de la leucémie myéloïde aiguë par rapport aux enfants plus âgés. Une équipe parisienne a cherché à décrire ces spécificités et à évaluer leur impact sur le pronostic vital. Les résultats de l’étude ont montré :

  • Des différences significatives de présentations cliniques et biologiques entre les enfants de moins de 2 ans et les plus âgés. La fréquence des atteintes extra-médullaires et sous-type KMT2A était en effet plus importante chez les plus jeunes laissant supposer des mécanismes oncologiques différents entre ces deux populations.
  • En revanche, ces différences n’impactaient pas le pronostic vital des enfants.

De nouvelles études portant sur les différences d’anomalies biologiques dans ces sous-types de populations pourraient permettre d’améliorer les connaissances et de mieux gérer les stratégies thérapeutiques pour limiter les risques d’échecs au traitement. 

Protocole de l’étude

L’étude ELAM02 a inclus des enfants ayant reçu le diagnostic de leucémie myéloïde aiguë  entre mars 2005 et décembre 2011.

Principaux résultats

Pour cette étude, 438 enfants nouvellement diagnostiqués ont été inclus, dont 103 de moins de 2 ans au moment du diagnostic. Le suivi moyen a été de 4,75 ans. Les caractéristiques cliniques des enfants de moins de 2 ans se sont révélées différentes des plus âgés, avec des symptômes extra-médullaires plus fréquents que chez les plus âgés, notamment en termes de lésions cutanées et du système nerveux central, respectivement 15% vs3% et 26% vs12%. Les différences pourraient en partie s’expliquer par l’immaturité des sujets tant au niveau de la barrière hémato-encéphalique, qu’au niveau d’autres structures.

Les caractéristiques biologiques étaient également différentes chez les plus jeunes versusles plus âgés laissant là encore supposer des mécanismes oncologiques différents. Les réarrangements du gène KMT2A étaient plus présents chez les moins de 2 ans que chez les enfants plus âgés : 55% vs11%.

En revanche, ces spécificités ne semblaient pas affecter le pronostic global des enfants. En effet, les médianes de survie globale à 5 ans et de survie sans événement n’étaient pas significativement différentes entre les deux groupes d’âges, respectivement : 70,4% et 67% pour les enfants de moins de 2 ans et de 71,4% et 58% pour les plus âgés.