Efficacité limitée du racécadotril dans la diarrhée aiguë du jeune enfant

  • Liang Y & al.
  • Cochrane Database Syst Rev
  • 19 déc. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Cette revue Cochrane a inclus 7 essais contrôlés randomisés ayant comparé le racécadotril à un placebo ou à une absence d’intervention, en traitement adjuvant au soluté de réhydratation orale dans la diarrhée aiguë chez l’enfant de moins de 5 ans.
  • Les résultats indiquent que le racécadotril semble sûr mais que son bénéfice sur la diarrhée paraît limité, ce qui ne plaide pas en faveur de son utilisation en pratique clinique dans cette population.

 

Le racécadotril est un antisécrétoire intestinal utilisé en traitement adjuvant au soluté de réhydratation orale dans la diarrhée aiguë de l’enfant. Son principe actif est un inhibiteur sélectif des enképhalinases qui prévient la dégradation des enképhalines endogènes réduisant ainsi l’hypersécrétion d’eau et d’électrolytes dans la lumière intestinale, sans impacter la motilité. Ces propriétés sont supposées améliorer l’effet de la réhydratation orale en réduisant la durée de la diarrhée et/ou la fréquence des selles, et donc le risque de déshydratation associé. Mais l’efficacité de cette molécule fait encore l’objet de controverses et elle n’est à ce jour pas recommandée par la World Heath Organisation et le National Institute for Health and Clinical Excellence et peut éventuellement être considérée selon l’ESPGHAN. Une revue Cochrane a donc recherché tous les essais contrôlés randomisés ayant comparé le racécadotril à un placebo ou à l’absence d’intervention, en plus de la réhydratation orale, afin d’évaluer l’efficacité et la sécurité de cette molécule dans la diarrhée aiguë non compliquée chez l’enfant de moins de 5 ans.

Analyse des données de 7 essais contrôlés randomisés

Sept essais contrôlés randomisés représentant 1.140 sujets de 3 mois à 5 ans, hospitalisés ou non, ont pu être inclus dans l’analyse. Tous avaient exclus les sujets qui avaient reçu des antibiotiques ou d’autres antidiarrhéiques. Les sujets inclus étaient hospitalisés ou ambulatoires et provenaient de pays à différents niveaux de revenus. Les critères de jugement variaient selon les essais : durée de la diarrhée, échec du traitement de réhydratation nombre de selles au cours des 2 premiers jours de traitement, etc.

Un bénéfice clinique limité du racécadotril versus placebo ou l’absence d’intervention

Les résultats de 2 essais (192 participants) ont indiqué qu’il n’y avait pas de différence significative entre le racécadotril et le groupe contrôle concernant le risque d’échec de la réhydratation (risque relatif (RR) de 0,41 [0,13-1,23]). Des résultats confirmés par les analyses de sensibilité. Deux essais ayant mesuré le nombre médian de selles au cours des premières 48h de traitement chez des sujets hospitalisés ont indiqué une différence non significative pour l’un et significative pour l’autre à plus fort risque de biais. Deux autres essais (301 patients) ont rapporté que la production de selles (g/h ou g/kg) au cours des 48 premières heures de traitement était significativement plus faible dans le groupe racécadotril que dans le groupe placebo. Deux essais (244 patients) ont montré des durées similaires de séjour hospitalier (3 ou 4 jours selon les essais). Par ailleurs, les données concernant la durée de la diarrhée et le nombre de selles au cours des premières 48h ont apporté des résultats contradictoires selon les essais et n’ont pas permis de conclure. Les 5 essais (688 patients) ayant mesuré l’incidence des effets indésirables n’ont pas trouvé de différence significative entre le groupe racécadotril et le groupe contrôle. De plus, la plupart des effets indésirables sous racécadotril étaient légers à modérés.